L’appel à l’aide de familles syriennes en Guyane

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Hammad, arrivée de Syrie il y a deux ans, avec sa femme et ses trois enfants. ©J.X
Une dizaine de familles de migrants arrivée de Syrie il y a près de deux ans demande aujourd’hui une issue aux autorités après le refus de leurs demandes d’asile. Entre désarroi et espoir ces familles, dénoncent une situation qui les prive d’un avenir.

Réunies sous le kiosque des Amandiers à Cayenne, ces familles syriennes oscillent entre une forte frustration mais aussi une envie d’espoir. Huit familles et deux hommes seuls, qui ont co-signé un courrier adressé il y a trois mois au préfet, demandant une régularisation de leur situation. Ils sont arrivés entre avril 2019 et l’an dernier et ont vu leurs demandes d’asile rejetées par l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides et leurs recours sont restés infructueux à la Commission National du Droit d’Asile.  Parmi ces familles, il y a de nombreux enfants, ils vont à l’école, c’est pour eux que ces hommes et ces femmes se battent. Le plus jeune est né en Guyane il y a deux mois.

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Des familles syriennes réclament une régularisation de leur situation. ©J.X

Hammad était chef d’équipe dans le BTP en Syrie, à 54 ans, ce père de trois enfants ne souhaite aujourd’hui qu’une chose : pouvoir travailler pour nourrir sa famille.

Nous n’avons plus d’aides de l’OFII, ne pouvons pas travailler, et maintenant le logement doit être bientôt libéré. On ne peut pas vivre comme cela.

Hammad, migrant syrien

 


Sa fille de 12 ans, Zéna, est notre traductrice, scolarisée en 5ème, elle parle un français hésitant mais correct qu'elle a appris sur place. Parfois, nous échangeons également en anglais avec les hommes du groupe. Ils ont bien tenté d’obtenir de l’aide des associations mais sans résultats à les entendre. Depuis le rejet de leur recours auprès de la CNDA, la Commission national du droit d’asile, ils ne peuvent plus prétendre à l’allocation pour demandeur d’asile. Sans ressources, leur demande d’asile refusée, ils ont vocation à rentrer dans leur pays d’origine, une option impensable pour Hammad.

J’ai manifesté en Syrie pendant le printemps arabe en 2011. Quand j’ai vu mes amis se faire arrêter j’ai compris que je devais fuir.

Hammad, migrant syrien

 


Hammad, s’exile au Liban quelques années. La suite, c'est un circuit connu désormais. Un départ vers le Brésil, et commence alors le périple de São Paulo jusqu’à Oiapoque dans l’Amapa et la traversée à Saint-Georges de l’Oyapock. Ces familles ont l’intention de se mobiliser ce mardi devant la préfecture en espérant obtenir un début de réponse. Leur objectif reste toujours d’accéder à l’Europe, une fois régularisées. Une volonté de départ vue comme une porte ouverte vers un avenir meilleur pour les enfants. « Je veux qu’elle [Zéna] ait un futur, qu’elle puisse aller à l’université » ajoute Hammad, comme pressé d’écrire une nouvelle page.