La Guyane boudée par les touristes en cette fin d'année

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Les Iles du Salut
©Jean-Gilles Assard

La crise sanitaire aura marqué l’année 2020. Avec les restrictions de déplacement, l’un des secteurs les plus impactés est celui du tourisme. A l’occasion des fêtes, le moral des hôteliers restent souvent en berne. A quelques exceptions près…

Des aéroports bondés de visiteurs en Guadeloupe et en Martinique à l’occasion des fêtes....Cette affluence spectaculaire, venue notamment de l’Hexagone, les hôteliers de Guyane ne l’ont pas encore connue en cette fin d’année d'après François Du Boulay, président du club des hôteliers de Guyane: « Il y a deux mois de cela, ils ont eu un budget d'à peu près de 2,7 millions d’euros dans une campagne télévisée qui avoisine les 900 000 euros, et 200 000 euros pour le digital. Donc ils ont toujours communiqué. Alors que nous en Guyane, quand on est en plein confinement on ne communique plus, tout s’arrête», indique-t-il, amer.

Globalement ce sera un mois très très difficile, on sera en dessous des 50 % de taux d’occupation.

François du Boulay, président du club des hôteliers de Guyane

 

François du Boulay
François du Boulay, président du club des hôteliers de Guyane ©SL/MG

Déficit de communication vers l’Hexagone 
 

Adjoint de direction au Central hôtel de Cayenne, Cédric Mizzi explique que dans son établissement, la fréquentation a chuté de 25 % par rapport à décembre 2019: « Beaucoup de personnes passent les fêtes de fin d’année ici en famille, donc ils ne descendent pas. Les professionnels qui ont l’habitude de venir, eux non plus ne viennent pas en fin d’année. Je pense que ça va se reporter sur le mois prochain. Donc ça devrait être bien complet à partir de la première quinzaine de janvier. Après, tout ce qui est touristes au niveau des Antilles-Guyane, ils ne viennent pas pour l’instant », déplore-t-il.

Certains établissements en revanche s’en sortent très bien à l'image de l'hôtel Balourou, situé sur la route des plages à Rémire-Montjoly. Composé de bungalows individuels, équipés d’une cuisine, 80 % de ses lits sont actuellement occupés.
Julien Bader, le gérant s'en explique: « On avait historiquement plutôt l’habitude d’avoir une clientèle d’affaires, avec des gens qui venaient de Métropole et des Antilles et avec la crise qu’on a connu, cette clientèle-là s’est arrêtée et ça nous a vraiment donné l’occasion de faire des efforts sur la communication au niveau local. Et cela a plutôt bien fonctionné parce que je pense que le produit était plutôt adapté par rapport à la crise: on est sur des grands espaces, on est assez individualisé, il n’y a pas de communs, pas de choses comme ça ».

Une communication locale. La stratégie semble payante, à l’heure où les déplacements et les regroupements sont limités.

Jean Luc Lewest
Pour Jean Luc Lewest, la communication locale a été payante ©SL/MG

« On a fait une campagne de communication vers tout ce qui est tourné vers la forêt, vers les fleuves et autres. Ces produits là fonctionnent le mieux car ils ont un attrait touristique pur. C’est là qu’on va trouver les meilleurs taux d’occupation actuellement ».

Jean Luc Lewest, président de l'Union Syndicale des Opérateurs Touristiques de Guyane

 

Cette crise sanitaire aura donc aussi eu pour conséquence de développer le secteur de l’écotourisme.

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