La presse brésilienne se fait l'écho du désarroi des familles des victimes d'un naufrage survenu le 28 août sur la côte guyanaise

guyane
Naufrage de migrants brésiliens le 4 septembre
Mobilisation à Oiapoque © Photo : Facebook/Reprodução
11 jours après le naufrage d'une pirogue au large des côtes de la Guyane française, 19 ressortissants brésiliens sont toujours portés disparus. À ce jour 4 personnes ont été retrouvées et le corps d’un passager n’a pas encore été identifié. Le site Globo.com relaie le désarroi des familles.

11 jours après le naufrage d'une pirogue au large des côtes de la Guyane française, 19 ressortissants brésiliens sont toujours portés disparus. À ce jour 4 personnes ont été retrouvées. Le corps d’un passagé décédé n’a pas encore été identifié.  
Selon les témoignages recueillis, le navire a bien quitté les rives de la ville frontalière d’Oiapoque, à destination du département français. L’objectif des passagers était d’atteindre la Guyane pour rechercher du travail et de meilleures conditions de vie. 

Des familles toujours sans informations précises sur les victimes

Ce drame  a touché de nombreuses familles. Elles sont en quête d’informations et de réponses sur les recherches des victimes mais également dans l’attente d’une liste officielle des morts ou des disparus.  

Certaines familles ont publié sur les réseaux l’identité de leurs proches : 
Carlos Adriano Almeida, 22 ans, voyageait avec sa femme de 18 ans, Karine Oliveira Soares. À bord se trouvaient également la mère, de la jeune épouse,  Geane Oliveira, 43 ans, et sa sœur, Géssica Oliveira Soares, 22 ans. Une famille qui aurait quitté le Maranhão en juillet avec l'intention de travailler dans une mine de la région frontalière.  

"Je suis désespérée, je veux des nouvelles de mon fils. Je ne veux pas que le pire soit arrivé, mais je lance un appel pour nous faire savoir ce qui s'est réellement passé. Il a fait ce voyage contre ma volonté. Je n'ai jamais voulu que mon fils aille à cet endroit éloigné et dangereux. [...] Il y a beaucoup de fausses nouvelles. Le manque d’information nous meurtrit, j’ai besoin d’aide pour en savoir plus à leur sujet " a déclaré la mère d'Adriano, Jonilde Almeida, 43 ans.  

Des appels à témoignages

Les proches des disparus qui vivent dans un autre État du Brésil comptent sur l'aide de connaissances ou d'amis de ceux qui auraient survécu au naufrage.  C'est le cas de Márcia Santos, 33 ans, qui vit en Amazonas (capitale Manaus) qui a perdu le contact avec sa mère. 

 « Ce n’est que le samedi 04/09 que nous avons appris la nouvelle. Des amis de ma mère ont contacté ma sœur. Une survivante leur a dit avoir vu ma mère être emportée par l'eau. Il y avait trop de monde à bord, la mer était très agité et l’embarcation s’est finalement retournée. Nous étions totalement désespérés. Ceux qui nous tiennent au courant sont encore les parents et les amis qui poursuivent actuellement les recherches », a rapporté Márcia.  

Maria da Conceição Silva Santos, dite Silvia, 58 ans, est née dans le Maranhão mais a vécu avec sa famille dans l’état du Roraima (au sud du Guyana) avant un séjour de quelques années au Suriname.  Elle parcourt la région depuis plus de 20 ans pour travailler dans les mines.  
Le dernier contact avec sa famille remonte au 26 août et ils étaient encore à Manaus à cette date, soit 2 jours avant d'embarquer à Oiapoque.  

« Elle a commencé à se rendre au Suriname il y a 3 ou 4 ans. Ensuite elle est revenue au Brésil durant une année avec sa famille, pour repartir suite à l’appel d’un ami qui lui propose un travail dans une nouvelle mine, [...] Je me sens impuissante parce que je ne sais pas si ma mère est vivante ou si elle est décédée. Nous ne pouvons pas obtenir de confirmation, nous ne pouvons pas nous sentir soulagés et nous ne pouvons pas non plus faire notre deuil. Nous vivons des jours très pénibles ».  

Les deux familles sont dans un désarroi total ne sachant plus quoi faire pour retrouver les disparus.  

Une enquête est menée par la police d'Oiapoque 

Mardi 07/09, la Police fédérale brésilienne a confirmé l’ouverture d’une enquête sur l'affaire et appelé des proches pour collecter du matériel génétique, qui sera envoyé en Guyane française pour des tests ADN.  

Selon le Préfecture de la Guyane, les recherches ont permis, le sauvetage de 4 personnes survivantes. Un corps non identifié a aussi été repêché.  

Outre la convocation des membres de la famille par les Polices fédérales, une base dédiée a été installée à Oiapoque en accord avec le gouvernement de l’Amapá et l’aide des sapeurs-pompiers pompiers de la ville frontalière et le Centre de coopération policière franco-brésilien.  

Des appels à l'aide sur les réseaux sociaux

Sur les réseaux sociaux, Lana Silva a publié un texte demandant de l'aide pour retrouver sa fille Ellen Pantoja dos Santos, dite Keury Santos.  Il dit qu'Ellen fait parti des disparus . 
 "Je suis désespéré car je n'ai aucune nouvelle du côté français. Merci d'avance. Que Dieu nous donne de la force en cette période de détresse".  

Ivonete de Souza Melo recherche aussi son frère, Raimundo de Souza Melo, 44 ​​ans, qui a téléphoné à la famille peu de temps avant d’embarquer.  

« C’était un habitué de ce genre de voyage. Il est allé en Guyane chercher du travail. […] Il voulait aider sa famille. La vie est dure dans notre pays et le coût de la vie rend notre quotidien encore plus difficile. Il n'a rien fait de mal. Ma mère est complètement abattue. Elle espère encore des nouvelles de son fils. Alors je demande aux autorités de nous aider, de nous soutenir, car même s'ils sont illégaux, ce sont des êtres humains », a déclaré Ivonete, dans une interview au portail G1 de la Globo.  

Ingridh de Souza Pereira, 29 ans, est également recherchée par des membres de sa famille qui disent qu'elle était à bord de la pirogue qui a coulé le 28 août.  
Selon sa belle-sœur , Ingridh projetait de rester dans la capitale de la Guyane française jusqu'à la fin de l'année. Elle avait trouvé un travail de femme de chambre. Elle avait aussi prévu de revenir vivre à Santana, petite ville située dans la périphérie de Macapa. 

« Son beau-frère actuellement en Guyane l’attendait. Il fait souvent le déplacement pour travailler comme maçon clandestin. N’ayant pas de nouvelles, il a appelé pour faire part de son ininquiétude. 

La sœur d'Ingridh s’est rendue à Oiapoque pour en savoir plus. Elle a effectué des recherches notamment à l'hôpital, au salon funéraire, à la Police fédérale et personne n'a de nouvelle.
Nous sommes désespérés », a déclaré Glissy Aguiar.  

Des familles attendues à la police fédérale à Oiapoque et Macapa

D’autres familles des disparus sont attendues au siège de la Police fédérale à Oiapoque et Macapá, ce jeudi 9 et vendredi 10/09 .  

Dans un communiqué, la préfecture de la région de Guyane  a précisé que l'opération de sauvetage en mer avait été initiée après qu'un navire ait porté secours à une femme accrochée à une bouée.  
Elle se trouvait sur le chenal d'accès au port de Kourou, côté français, et a déclaré, selon le communiqué, qu'elle était à la dérive après le naufrage de la pirogue dans laquelle elle se trouvait dans la nuit du 28 août.  
Un hélicoptère et des bateaux spécialisés ont été envoyés dans la zone "pour rechercher d'éventuels naufragés dans une large bande côtière de Cayenne à Sinnamary ».

Retrouvez l'article de G1 ICI