Le maire d'Apatou condamné à 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire.

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Paul Dolianki, maire d'Apatou
Paul Dolianki, au mois de mars après son élection (pour la 3e fois) à la mairie d'Apatou ©Guyane la 1ère

Paul Dolianki a été condamné à 18 mois de prison avec sursis, 100 mille euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire. Le maire d'Apatou devait répondre de favoritisme, prise illégale d’intérêt et détournement de fonds publics.

Le délibéré a été rendu dans l'affaire Dolianki. Paul Dolianki a été condamné à 18 mois de prison avec sursis, 100 mille euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire. Le procureur avait réclamé une peine de 18 mois de prison avec sursis, une amende de 50 000 euros et une peine d’inéligibilité de 5 ans avec exécution provisoire. En vertu de l’exécution provisoire de la peine d’inéligibilité, Paul Dolianki va être démis d’office de ses mandats de maire d’Apatou et de 3ème vice-président de la Communauté de Communes de l’Ouest Guyanais. Le parquet va transmettre le jugement à la préfecture, puis le préfet prendra un arrêté pour faire exécuter la peine sur le volet de l’inéligibilité. Une fois notifié à l’intéressé, Paul Dolianki sera démis d’office de ses deux mandats.

Cette procédure « d’exécution » peut prendre plusieurs jours. Joint après le délibéré, l’avocat du maire d’Apatou a annoncé que son client ferait appel. Dans le cas présent, étant donné l’exécution provisoire assortie à la peine d’inéligibilité, l’appel n’est pas suspensif de cette peine. Autrement dit, l’appel n’empêche pas la démission d’office du maire. Selon nos informations, le maire d’Apatou peut saisir la cour d’appel pour contester « l’exécution provisoire » de l’inéligibilité. Mais là encore, cette saisine n’est pas suspensive de la démission d’office.

Les accusations

La justice lui reprochait des délits de favoritisme, prise illégale d’intérêt et détournement de fonds publics : l’embauche de sa concubine comme agent d’entretien, 1800 euros par mois, sans avoir respecté la procédure, ni consultation ni approbation du conseil municipal. Et il y aussi l’emploi d’un consultant rémunéré 170 000 euros en deux ans, là encore sans publicité ni mise en concurrence, en violation du Code des marchés publics. Autre accusation à l’encontre du maire d’Apatou, une subvention de 450 000 euros octroyée à une association, New Campou, pour l’électrification de ce petit village d’Apatou. Electrification qui n’est pas une compétence des mairies mais de la CCOG, sur le Maroni.

Le reportage de Laurent Marot : 

Apatou : le maire condamné.

 

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