Le recours à l’IVG en augmentation en Guyane

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Images d'illustration médecins
Dans les couloirs du CHC ©CHC
En 2021, plus de 3 000 avortements ont été réalisés en Guyane. Un chiffre en augmentation par rapport à l’année 2020. Selon l’Agence Régionale de Santé, cette hausse s’explique par l’amélioration de l’offre de soins sur le territoire.

3 619, c’est le nombre d’interruptions volontaires de grossesse pratiquées au cours de l’année 2021 en Guyane. C’est plus qu’en 2020, indique l’Agence Régionale de Santé de Guyane dans sa Lettre Pro du 3 juin 2022. Le taux de recours est important - et également en augmentation - chez les mineurs du territoire. A contrario, il est en baisse pour ceux de l’Hexagone.

Notre département est celui où le ratio d’IVG est le plus fort de France : 42,4 IVG pour 1 000 femmes de 15 à 49 ans ont été pratiquées en 2021. C’est 50 % de plus que dans l’ensemble des départements et régions d’Outre-mer (28,4 ‰) et presque trois fois plus que dans l’Hexagone (15,4 ‰). Cette augmentation s’explique par une amélioration des offres de soins, selon l’ARS.

De obstacles rencontrés par les patientes

Il y a deux ans, en 2020, une commission orthogénie (contrôle et régulation des naissances) a été mise en place. Ce projet part d’un constat de l’agence régionale de santé : le recours à l’IVG est important (par son nombre) en Guyane, mais les femmes qui souhaitent bénéficier de ce droit rencontrent de nombreux obstacles et, finalement, ne disposent pas toujours de la liberté de faire leur choix.

Par exemple, selon le bilan 2021 de la commission, alors que les professionnels qui ne pratiquent pas l’avortement – en raison de la clause de conscience - doivent réorienter leurs patientes (qui souhaitent y recourir) vers un confrère qui l'effectue, certains ne respectent pas cette obligation. Elle est pourtant régie par l’article L2212-8 du Code de la Santé Publique.

Une amélioration des offres de soins

Aujourd’hui, ces complications sont de plus en plus signalées par les professionnels qui les remarquent. Pour Stéphanie Bernard, sage-femme et coordinatrice du réseau Périnat de Guyane interrogée par l’ARS, ces signalements d’événements indésirables sont signes de progrès. Autre avancée soulignée : les professionnels plus nombreux sur le département.

Avant, seul un médecin pratiquait l’IVG pour l’ensemble des Savanes. Il était à Kourou. Aujourd’hui, une sage-femme qui vient de s’installer réalise également l'interruption de grossesse. D’ailleurs, dans le cadre de la loi du 2 mars 2022 visant à renforcer le droit à l’avortement, le réseau Périnat a dressé un annuaire avec le nom des professionnels et des établissements où l’avortement peut se faire.