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Les élus de Guyane se parlent... sans toujours se comprendre

Un échange de courriers entre Léon Bertrand et Rodolphe Alexandre se révèle fort en pédagogie. Nos élus sont en contact mais soit, ils ne se comprennent pas, soit ils ne veulent pas faire cas de la position de l'autre. Du coup une demande de congrès devient un marqueur de leurs incompréhensions.

Léon Bertrand © guyane 1ère
© guyane 1ère Léon Bertrand
  • Par Bertrand Villeneuve
  • Publié le
Les élus de Guyane savent se parler… mais peuvent-il se comprendre ? Telle est la question ! Question essentielle car en filigrane c'est l'avenir de la Guyane qui est en débat.
L'échange de courriers entre le président de la CTG, Rodolphe Alexandre et le maire de Saint-Laurent, Léon Bertrand est à ce propos assez symptomatique pour ne pas dire édifiant. Or il est question juste de l'organisation d'un congrès des élus locaux. Le thème à aborder est l'objet du débat qui met en lumière les incompréhensions à moins que ce ne soient des oppositions plus profondes non encore révélées.

Revoir les relations avec l'Etat

Dans sa première lettre à Rodolphe Alexandre, datée du 8 août, Léon Bertrand appelle un " congrès des élus devant se fixer comme objectif le changement de paradigme, le changement de nos cadres de référence et la refondation de nos échanges avec le national ". En clair : révision des relations avec l’Etat sur la base des besoins de la Guyane.
Le maire de Saint-Laurent avertit même : " Le monde virtuel idéal avec lequel on nous berce va immanquablement exploser au contact de la réalité. Les effets de cette rupture seront largement supportés par les élus de Guyane que la population considère déjà comme complices sinon responsables ".

On ne touche à rien

Pour Rodolphe Alexandre, l'important c'est le pacte d'avenir, pas question pour l'instant de durcir les relations avec l'Etat. © guyane 1ère
Réponse du président de la CTG le 12 août : " Je considère que l’heure n’est pas, en tout cas pas encore, à une redéfinition voire un durcissement de nos relations avec l’Etat central ». Rodolphe Alexandre annonce bien un congrès dont l'objectif sera de permettre à la classe politique guyanaise de travailler de manière collégiale à la finalisation du pacte d’avenir "…
Il poursuit : " ... je ne crois pas que l'heure soit à l'abandon de ce document de référence, qui a véritablement vocation à devenir le fil conducteur de notre programme de résorption des retards infrastructurels et de lutte contre la désagrégation de notre cohésion sociale, avec notamment des réponses ambitieuses sur les problèmes que nous connaissons en matière de santé, d'insécurité, d'éducation, de continuité territoriale ou encore d'infrastructures routières "
Fin de non recevoir, donc, du président de la CTG à une " refondation de nos échanges avec le national ", sa manière à lui de résumer la proposition de Léon Bertrand.

La force de se parler

Le 26 août, Léon Bertrand précise sa pensée qui est selon ses écrits, de « convenir, dans la république, de nouvelles modalités de collaboration avec l’Etat central et d'élargir le champs des réponses possibles pour la Guyane. Ainsi, il ne s'agit pas tant d'exiger avec plus de force mais de négocier un nouveau cadre et de nouvelles procédures pour le développement de la Guyane ».
Dans sa définition de son fameux nouveau paradigme, le maire de Saint-Laurent se demande : " Le congrès doit-il interroger les conditions dans lesquelles nous pouvons défendre nos ambitions ou préciser les opérations devant être financées par l'outil "Pacte d'avenir ? "
On le voit, se parler, échanger ne suffit pas pour se comprendre et décider de la direction commune à prendre. Il faudra encore sans doute des tonnes d'encre. Un élément est cependant à souligner le contact est maintenu. La force de se parler est maintenue. Un jour elle servira fatalement ! C'est ce que pensent en tout cas les plus optimistes d'entre nous.

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