Les pêcheurs illégaux gagnent du terrain dans l’ouest de la Guyane

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Pêche illégale : reportage à bord des tapouilles venues du Suriname
©WWF Guyane
Au cours d’un survol aérien, mercredi 20 octobre, le WWF a comptabilisé 25 bateaux clandestins entre Iracoubo et Mana. En dix ans d’observation, l’organisation de protection de l’environnement n’avait jamais vu cela. Une fois de plus, elle tire le signal d’alarme.

Les tapouilles pullulent au large des côtes guyanaises. Mercredi, l’équipe du WWF a scruté  la mer pendant une heure trente à la recherche d'une faune marine bien particulière : les bateaux de pêche clandestins.

Les pêcheurs illégaux nombreux dans l’ouest de la Guyane
©Guyane La 1ère

Plutôt que de compter des dauphins ou des tortues, les membres de l’association ont donc recensé les embarcations des pêcheurs illégaux venus du Surinam cette fois. 25 au total, entre Iracoubo et Mana, à quelques kilomètres de la côte.

Des filets hors norme

Le 10 octobre, des pêcheurs amateurs avaient déjà signalé 27 tapouilles illégales entre Iracoubo et Mana, avec des filets hors normes.

A chaque fois, dans les bateaux, une cale à glace pour le poisson, et des filets d’au moins quatre kilomètres, hors normes depuis 20 ans. Lors du survol, chaque embarcation clandestine est photographiée afin d'alerter les autorités.

" En 20 ans de présence permanente du WWF en Guyane, cela fait presque 10 ans que nous faisons des survols réguliers des bandes côtières. On n 'a jamais constaté une telle intensité de pêche illégale sur le nord-ouest de la Guyane."

Laurent Kelle, responsable du bureau du WWF France en Guyane


Le WWF dénonce le risque pour la ressource en poisson et les espèces les espèces protégées, telles les tortues marines et les dauphins. Sans résultat.

"C'est exactement le type de menaces qui à terme peut faire disparaître une espèce comme le dauphin de Guyane, si rien n'est fait pour éradiquer le problème de la pêche illégale."

Laurent Kelle, responsable du bureau du WWF France en Guyane


Cette situation perdure malgré des opérations de contrôle ponctuelles, mais insuffisantes pour éviter le pillage des eaux de l’ouest guyanais.

Selon la préfecture de la Guyane, une opération de contrôle est en cours dans cette zone avec des moyens de la marine nationale. Les résultats de cette opération devraient être publiés vendredi 22 octobre.

Lors du survol, mercredi dernier, l'équipe de Guyane la 1ère n’a pas constaté la présence de ces moyens sur zone

Deux tapouilles brésiliennes saisies et détruites

Le 12 octobre, le navire Comte Antonio, une tapouille « mère » au tonnage de 45 tonnes, a été contrôlé par le patrouilleur des Forces armées La Résolue à 9 nautiques des côtes guyanaises. Le même jour, la vedette côtière de la gendarmerie maritime, la Mahury, également réalisé un contrôle des pêches sur le Monte Horebe 2, une embarcation brésilienne d’une quinzaine de tonnes, surprise en flagrant délit de pêche non autorisée à 6,5 nautiques des côtes.

Au total, lors de cette opération, environ 3,6 tonnes de produits de la pêche dont 21 kg de vessies natatoires, mais également 10 km de filets ont été appréhendés. Sur décision judiciaire, chaque navire dérouté a été saisi et détruit.