Les socioprofessionnels réagissent aux propos de Marie-Laure Phinéra-Horth invitée de Politik Hebdo

économie
MLPH invitée de Politik Hebdo
©Guyane la 1ère

Marie-Laure Phinéra-Horth était l'invitée de l'émission Politik Hebdo présentée par Jessy Xavier. Une occasion pour la sénatrice de Guyane de donner son point de vue sur l'actualité du territoire notamment la gestion de la crise sanitaire. Des propos qui ont fait réagir les chefs d'entreprise.

Une Guyane sous confinement strict pendant une semaine serait plus efficace pour la sénatrice Marie-Laure Phinéra-Horth. L'ancienne maire de Cayenne était l'invitée de Jessy Xavier dans l'émission hebdomadaire Politik'Hebdo ce jeudi 20 mai 2021. 

Si c'était moi qui gérais cette crise sanitaire, j'aurai tout fermé pendant une semaine.

Marie-Laure Phinéra Horth

 

La sénatrice s'est donc exprimée sur la gestion de la crise sanitaire depuis un an. Elle a rappelé qu'elle était la première à demander, en début de pandémie l'année dernière, la fermeture des écoles. 

Des propos qui font réagir les socioprofessionnels asphyxiés par un an de crise sanitaire. Même si leurs avis divergent quant à la gestion de la crise, ils se rejoignent pour dénoncer des mesures préfectorales qui tuent à petit feu l'économie du territoire. 

Roberto Osseux explique les difficultés liées aux dispositifs sanitaires
©Guyane la 1ère

Cette crise sanitaire est mal gérée car il y a des commerçants qui sont pénalisés pendant que d’autres, ne le sont pas. C’est injuste !

Pascal Coupra


Pascal Coupra aimerait que tous les commerçants soient logés à la même enseigne. Ce qui pourra justifier selon lui, un confinement strict. L'entrepreneur attend des mesures plus équitables  : 

Il faut que tous les commerçants soient logés à la même enseigne

Des dispositions actuellement mises en place ces dernières semaines par la préfecture qui sont un véritable frein à son activité :

Ne nous empêchez pas de travailler, de payer nos salariés et de régler nos charges !

Pascal Coupra

 

Les professionnels du BTP sont sur la même longueur d'onde

Roberto Osseux est entrepreneur mais également président de la Chambre des métiers et de l’Artisanat. Il a réagi à titre personnel : sa flexibilité quant à l’adaptation aux mesures sanitaires a ses limites :

Le confinement impose une cessation d’activité alors que nos frais fixes ne peuvent être suspendus durant cette période.

Roberto Osseux

 

Roberto Osseux président de la Chambre des métiers et de l'artisanat
Roberto Osseux président de la Chambre des métiers et de l'artisanat ©Roberto Osseux

Les mesures prises également dans l'Hexagone ont des conséquences sur l’activité de ce professionnel du BTP. Difficultés à obtenir des matières premières à titre exemple et la gestion de cas covid pose de nouvelles difficultés :

Je ne peux pas travailler, je n’arrive pas produire comme il faut et je dois payer !

Roberto Osseux

 

Les professionnels également en souffrance dans l'Ouest

Dans l’Ouest, Alain Chung en a ras-le-bol du traitement réservé aux commerçants pendant cette crise sanitaire.

Il y a ceux qui se remplissent les poches pendant que d’autres souffrent.

Alain Chung

 


L’idée du confinement strict évoqué par la sénatrice, n’est absolument pas la solution pour ce commerçant : 

Un confinement strict ce n'est pas la solution

Pour le vice président de chambre de commerce et de l'industrie, l’économie guyanaise était déjà en mauvaise santé avant la crise sanitaire, sa survie ne tient qu’à un fil :

L'économie guyanaise est extrêmement fragilisée

 

Qui dit confinement strict, dit fermeture des commerces alimentaires ce qui n’est pas possible même pendant une semaine.

Alain Chung


Il explique que 90% de la toile entrepreneuriale de Saint-Laurent-du-Maroni est composée de TPE. Des très petites entreprises qui sont dans une situation financière catastrophique notamment dans le domaine de la restauration.

Nous sommes à la limite du supportable, est-ce judicieux de geler notre activité ?

Alain Chung


Alain Chung est également président de l'association chinoise de Saint-Laurent du Maroni. Il est sollicité régulièrement par les chefs d’entreprise de la ville. Un constat lui semble indéniable : la variance des dispositifs préfectoraux entre confinement, couvre-feu ou semi-confinement sème le trouble dans la tête de tout un chacun. Il devient donc inefficace pour mettre un terme à cette pandémie.

Les dispositions sanitaires sont inadaptées à l'activité économique

Des entrepreneurs qui, entre tous ces casse-têtes d’organisations entrepreneuriales, ont réfléchi ensemble à des solutions. Mettre tous les commerçants sur le même pied d’égalité, avoir des aides financières de l’État qui ne soient des prêts et par conséquent des dettes supplémentaires à titre d'exemple.

Pour Alain Chung, un contrôle de l’application de gestes barrières à l’entrée des magasins en autres, peut également être une solution. 

Des chefs d'entreprise qui ont des solutions à proposer

Alors qu’une quatrième vague se dessine déjà dans l’Hexagone, la Guyane elle aussi, est encore loin de voir le bout du tunnel. Le monde entrepreneurial devra encore s’accrocher pour espérer sortir de cette crise économique