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Matoury débordée par l’habitat spontané

aménagement du territoire
Nouveau squat au Mont baduel
Un habitat de fortune ©guyane 1ère
Les résultats d’une vaste enquête de l’agence d’urbanisme et de développement de la Guyane sur le bâti ont révélé qu’en moyenne 41 % des constructions sur le littoral sont « spontanées ». L'exemple de Matoury où 52 % des bâtiments n’ont pas d’existence officielle.
Les résultats d’une vaste enquête de l’agence d’urbanisme et de développement de la Guyane (l’Audeg) sur le bâti spontané ont révélé hier qu’en moyenne  41 % des constructions sur les 9 plus grandes communes du littoral sont « spontanées », c’est-à-dire qu’elles n’ont pas fait l’objet d’une autorisation d’urbanisme.
L'exemple de Matoury, l’une des communes les plus concernées par ce phénomène : 52 % des bâtiments de cette ville n’ont pas d’existence officielle, des quartiers entiers sont concernés.
 

Plus de la moitié de Matoury dans l'illégalité

Plus de 7 200 bâtiments construits sans autorisation. C’est la réalité à laquelle doit faire face la mairie de Matoury. Et chaque jour, la part du bâti spontané augmente, elle est aujourd’hui de 52 %. C’est désormais plus de la moitié de la ville qui n’a pas d’existence officielle.
Les services de la mairie semblent démunis devant l’ampleur du phénomène. En 2017, à peine cent permis de construire ont été délivrés.
 Karl Minger, responsable du service foncier, mairie de Matoury explique : 

"Il y a un gros problème de connaissance de la réglementation en terme d'urbanisme. On incite à porter l'information mais c'est difficile".


Une démarche sur le long terme.

Dans l’immédiat, les habitats spontanés se multiplient comme au nord de Cogneau-Lamirande, près de Terca. Plusieurs familles vivent dans ce nouveau quartier sur pilotis, au dessus d’une zone marécageuse. Le site est insalubre.
Les occupants des lieux expliquent redouter de devoir partir car leur demande d’asile a été rejetée.
Une habitante témoigne : 

"Si on casse la maison ce sera pas bien pour les gens qui habitent là. Nous avons loué la maison, si on paye pas, les propriétaires vont nous mettre dehors. On n’a pas d’endroits pour habiter donc on doit se débrouiller pour se loger. Nous savons que c’est pas très bien mais nous n’avons pas le choix, nous avons des enfants".

 


Une ville dans la ville

Plus loin, sur le mont Fortuné, un nouveau quartier inquiète les services de la ville, car il présente un risque de glissement de terrain.
A Matoury, le rythme de livraison des logements sociaux, environ 200 par an, ne parvient pas à faire face à la demande, loin de là.
La situation la plus tendue se trouve dans le quartier Saint-Pierre, sur des parcelles privées. Une association, Ala Wie Na Wan, s’y est octroyé les pouvoirs d’une mairie : elle entretient et nomment les rues, construit une structure pour les déchets et un même pont en béton.
Olivier Saint-Bertile, président de l’association Ala Wie Na Wan affirme : 

"Nous avons construit un pont busé. C'était un passage obligé pour de nombreux véhicules. Il n'y a pas de demande officielle, c'est un quartier spontané" 

 

Absence des pouvoirs publics 

Les services de la ville ne peuvent intervenir. Face à l’absence des pouvoirs publics, une structure parallèle est en train d’apparaître en dehors de tout cadre légal.
Christian Roudgé, adjoint au maire de Matoury, en charge de l’environnement précise : 

"Aujourd'hui , c'est la population qui habite et détermine l'aménagement du territoire. Il faut déterminer les besoins de la population, celle qui est hors cadre, sans papiers, sans électricité, etc...qui nécessiterait les moyens d'une ville de 100 000 habitants." 


L’objectif de la Ville est de parvenir malgré tout à une rénovation urbaine mais les pouvoirs d’aménagement de la collectivité sont limités lorsqu’il s’agit de propriétés privées.


 
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