guyane
info locale

Moi, Tituba sorcière... de Maryse Condé

livres
Moi Tituba sorcière
©Véronique Bedz
Nous vous proposons quelques conseils lecture pendant ces vacances. Pour découvrir, ou redécouvrir, des romans et des auteurs de la Caraïbe et du continent. Intéressons-nous à Maryse Condé, le prix Nobel alternatif, pour l’ensemble de son œuvre et autrice de Moi,Tituba sorcière...
Maryse Condé, qui a reçu l’année dernière le prix Nobel alternatif, pour l’ensemble de son œuvre, est surtout connue pour Segou, roman historique, ou la Traversée de la Mangrove mais son premier prix, en 1987, elle le doit à Moi, Tituba sorcière... Un roman intense sur l’histoire d’une esclave, plongée dans le procès des sorcières de Salem, en 1692.
 

Tituba, une héroïne sulfureuse

Tituba connait les secrets des pouvoirs ancestraux, guérisseuse, faiseuse de sorts, elle n’en est pas moins femme, charnelle et avide de plaisirs.Tituba est née esclave, à la Barbade, à la suite d’un viol.
On suit son parcours, dur, violent, son enfance, son adolescence mais Tituba n’est pas du genre à subir, et se transforme en une femme forte.
Elle devient une figure de la Barbade, admirée et crainte, mais tombe sous le charme de John l’Indien, un homme peu courageux, roublard, et faible. L’appel de la chair, l’amour de cet homme entraîne Tituba dans une spirale. Elle renonce à sa liberté, part avec lui à Boston, puis à Salem, chez l’affreux pasteur Parris. Ses talents de guérisseuse lui attirent les foudres de Parris, fondamentaliste religieux.
 

Un roman sur l'absurdité de la religion

Le roman de Maryse Condé nous fait vivre l’horreur du procès des sorcières de Salem. De ces femmes accusées par des adolescentes mesquines dans une société ultra religieuse. Les fondamentalistes règnent sur tout, jusqu’à l’absurde. Et Tituba, en plus d’être accusée de sorcellerie est noire, et esclave.
Moi, Tituba sorcière est un roman magistral sur l’esclavage, sur l’absurdité de la religion, quand elle tourne au fanatisme. Maryse Condé écrit magnifiquement, nous entraîne dans les passions et nous retient, jusqu’aux dernières pages.
Un roman à lire, absolument.
 
Publicité