« Nou La », un nouveau collectif contre les violences sexistes et sexuelles

L'association Nou La s'inscrit dans la vague de libération de la parole initiée par la page Balance ton porc Guyane
Réunies le 2 mars à Cayenne, les fondatrices du collectif « Nou La » ont précisé leurs objectifs et leur stratégie afin de lutter contre les violences sexistes et sexuelles et accompagner au mieux les victimes.

 

« Cette action permet de dire qu’on est là, que la parole s’est libérée, que nous n’avons plus peur ». Voilà en quelques mots toute la philosophie du collectif Nou La, résumée par Ruth Ceprika, l’une des membres du collectif féministe nouvellement créé à Cayenne. 

Cette initiative citoyenne, portée par une dizaine de femmes, a précisé ce samedi 2 mars, ses mots d’ordre : « Soutenir et accompagner les victimes de violences sexistes et sexuelles (VSS) », « prévenir et sensibiliser » contre ce fléau et enfin, « lutter contre l’impunité et le sentiment d’impunité des auteurs de violences ».

Si les actions du collectif et le modèle économique qui permettra de garantir sa pérennité restent à préciser, ses membres parlent tout à la fois « d’accompagnement moral et financier des victimes » notamment lors de leurs parcours judiciaire, « d’aide à l’orientation vers des professionnels » ou encore de sensibilisation médiatique, via les réseaux sociaux ou, par exemple, des podcasts.

« Lever ce voile de la peur »

« Le but, ce n’est pas de se substituer aux associations qui existent déjà et qui font un travail formidable, comme l’Arbre Fromager ou l’AGAV mais de venir en complémentarité de ce qu’elles font, de collaborer avec elles », tient à préciser Juliette Blanc, de Guyanasso, un réseau associatif comptant 150 membres de tous les secteurs, et qui a été choisi pour accompagner la création de Nou La.

Outre son identité « féministe », le collectif met en avant sa volonté de « discrétion », de « confidentialité » et de « bienveillance », pour les victimes. Ses membres insistent aussi sur « Le besoin d’inclusivité », y compris pour les hommes ayant à cœur de lutter contre les VSS et excluent donc de se constituer en non-mixité.

Alors que la vague MeToo de 2017 n’avait eu qu’un faible écho en Guyane par rapport à l’Hexagone, la création en août 2023 de la page Instagram « Balance ton porc Guyane » a largement accéléré le processus de libération de la parole des femmes. La page, qui publie des témoignages anonymes de victimes, compte aujourd’hui 27 000 abonnés.

« Beaucoup de femmes n’osent pas encore parler et ont peur. Nous sommes là pour lever ce voile de la peur et offrir un cadre qui mette ces femmes en confiance »

Ruth Ceprika, membre du collectif Nou La

Les membres du collectif Nou La comptent bien s’inscrire dans cette dynamique en offrant un support et un cadre plus physique à celles qui en ont besoin. « Beaucoup de femmes n’osent pas encore parler et ont peur. Nous sommes là pour lever ce voile de la peur et offrir un cadre qui mette ces femmes en confiance », résume Ruth Ceprika. Reste maintenant au collectif à se faire connaître à travers des actions et via les réseaux sociaux, dans les prochains mois.