Arts et cultures de Guyane : les visiteurs étaient nombreux au marché artisanal du Maroni

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Marché Artisanal du Maroni : stand de bijoux amérindiens
Marché Artisanal du Maroni : stand de bijoux amérindiens ©Isabel Lerouge
Le marché artisanal du Maroni, c'est aujourd'hui. Tout au long de la journée, les visiteurs ont découvert les différents arts dessinés du Lawa à travers les œuvres des artisans invités. Ils ont aussi assisté à l'inauguration d'une fresque murale peinte sur le mur des pompiers de Maripa-Soula.

Les visiteurs sont nombreux aujourd’hui à Maripa-Soula. Beaucoup d’habitants de la commune, et quelques curieux de l’extérieur, se sont rendus au marché artisanal du Maroni qui se tient actuellement sur la place des fêtes de Maripa-Soula. Les arts dessinés du Lawa sont au cœur de cette 12ème édition. A cette occasion, les artistes de la vallée du Maroni ont tous apporté leur contribution. Ainsi, les visiteurs ont eu l’occasion de découvrir l’art du tembe, le dessin sur calebasse ou encore le maluwana amérindien, aussi appelé ciel de case.

Les arts dessinés du Lawa, marché artisanal du Maroni
Les arts dessinés du Lawa, marché artisanal du Maroni ©Isabel Lerouge

Le ciel de case, symbole de protection

Minestelli Ananuman est un artisan amérindien, il confectionne les maluwana depuis l’âge de 15 ans. Il en a aujourd’hui 40 et a fait de cet art, son activité principal. Les ciels de case sont fabriqués à partir d’une rondelle de bois. Cette dernière peut provenir du tronc d'un fromager (un arbre sacré) ou du bois d’acajou rouge, un arbre non-traditionnel mais qui n’attire pas les bêtes.

Traditionnellement, le ciel de case est installé sous le carbet central (aussi appelé le tukusipan, ndlr). Il protège la maison et tout le peuple amérindien.

Minestelli Ananuman, artiste

Les motifs peints sur les maluwana sont dessinés avec différents types d’argiles. Ils représentent les divers esprits de la nature et les animaux de la forêt. Ces symboles varient selon l’histoire que l’artiste a souhaité raconter. Depuis l’arrivée des touristes, les dessins peuvent être choisis par les clients. La confection de ces pièces dure une à deux semaines.

Un ciel de case au marché artisanal du Maroni
Un ciel de case au marché artisanal du Maroni ©Isabel Lerouge

Le tembe, en sculpture ou en couleur

Felichi Lossin est, lui, tembeman. Cet homme de 57 ans est né à Papaïchton. Le tembe est un loisir pour lui, il en pratique en sein d’une association durant son temps libre. Il dessine sur des pagaies : celles des femmes, plutôt décoratives et colorées, et celles des hommes, plus grandes et plus simples. Il faut près de 6 semaines pour fabriquer et décorer ces pagaies.

Objets décorés avec du tembe
Objets décorés avec du tembe ©Isabel Lerouge

Le tembeman fait aussi de la sculpture sur des objets du quotidien tels que les bancs, les peignes et les tabourets qu’il offre ou vend parfois. Qu’ils soient sculptés ou peints, les motifs tembe abritent souvent des messages cachés. Les couleurs, les formes et les assemblages ont une signification mais peuvent aussi être imaginaires et simplement décoratifs.

Quand les cultures de Guyane se rencontrent

Dans le cadre de cette rencontre mettant à l’honneur les arts dessinés du Lawa, une fresque a été peinte sur le mur de la caserne des pompiers de Maripa-Soula. Cette œuvre est née d’une collaboration entre les artistes Minestelli Ananuman et Carlos Adaoudé. Le duo a souhaité représenter la multicultularité du territoire Guyanais et ses liens.

Nous avons mis des pagaies, de part et d'autre, qui symbolisent le voyage et la découverte. Il y a également des maillons de chaîne qui symbolisent la solidité de liens. Après, il y a le symbole de la solidarité : l'enchevêtrement des cercles qui montre qu'on est ensemble pour avancer.

Carlos Adouadé, tembeman et co-auteur de la fresque murale.

 

La fresque murale de Minestelli Ananuman et de Carlos Adaoudé dévoilée lors du marché artisanal du Maroni
La fresque murale de Minestelli Ananuman et de Carlos Adaoudé dévoilée lors du marché artisanal du Maroni ©Isabel Lerouge

L'étoile représente, quant à elle, la stabilité. Carlos Adaoudé a également voulu symboliser le centre d'intérêt, "ce qu'il y a de plus important", à travers un nombril. La sagesse est aussi symbolisée à travers un damier. Enfin, le pilon symbolise l'effort. De son côté, Minestelli Ananuman a voulu représenter le courage, à travers le tamanoir, et les secrets de l'eau, en dessinant une sirène.