Paroles de confinement : Tous les paramètres à zéro

coronavirus
Christine Bourgeois lors d'une animation pour les enfants
Christine Bourgeois lors d'une animation pour la lecture ©TL
Christine Bourgeois est enseignante et a un goût prononcé pour l’écriture, la littérature et l’illustration jeunesse. Confinée mais jamais sans son téléphone... Nous dit-elle dans son billet d'humeur.
Un manque s’immisça dans mon quotidien. Allant et venant dans chacune des pièces de la maison, je m’occupais nerveusement : du rangement dans la chambre, un met quelconque dans la cuisine, un bouquin dans le salon… mais cela ne suffisait pas, comme un goût de pas assez.
Progressivement, une curiosité compulsive se mit à envahir mon esprit : qu’est-ce qu’il en était de ce virus ? Et du confinement ? Qu’est-ce qu’il pouvait bien se passer ailleurs ? Ces questions me démangeaient furieusement. Le monde cherchait à me reprendre dans ses filets et moi, clean depuis deux jours, luttais contre la rechute.
Un soir, je finis par craquer et délivrai mon téléphone relégué au placard dès le début du confinement. Enfin, cette petite machine me permettrait de rompre avec la solitude que j’avais tant cherché et que je rejetai à présent. En l’allumant, le bain d’ondes qu’il m’envoya se fit comme un premier shoot.
Tout d’abord, satisfaire à mes obligations. Je répondis donc à tous les appels manqués : En introduction : Comment vas-tu ? Comment ça se passe ? En développement, Tu te rends compte ! C’est incroyable ! En conclusion, prends soin de toi, reste chez toi. Toutes mes conversations suivaient le même plan et avaient été menées mécaniquement car au fond ce n’était pas vraiment le silence que je cherchais à combler.
Après avoir rassuré amis et proches, je me glissai donc avec délectation dans le trip que la matrice m’offrait et comme après tout sevrage, j’y allai franchement, absorbant frénétiquement photos, vidéos et story en tout genre. Ainsi, j’avais ouvert ma boite de pandore.

Christine Bourgeois
 
Paroles de confinement
Nous sommes confinés. Un mot qu’on ignorait presque il y a quelques jours. Dans ces temps difficiles, écrivez librement votre ressenti, vos états d’âmes, vos témoignages, vos analyses. Textes littéraires, poèmes et contes sont les bienvenus. Quelques lignes, quelques pages ... pour dire comment vous vous sentez. Certains.es ont commencé, alors n’hésitez pas. Vos textes à publier sur le groupe ouvert Facebook : Paroles de confinement. A vos claviers ! Rien ne sera plus jamais comme avant. Il y aura un avant et un après la crise !

Tchisséka Lobelt 
 
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