Route de l’intérieur : de rendez-vous manqués en promesses non tenues

économie
Laurent Marot et Anthony Hilaire
Laurent Marot et Anthony Hilaire ©Marie-Claude Thebia
Les "Jeudis de l'info" consacrés demain à 20H à la route de l'intérieur. Depuis un siècle, les tentatives de relier l'intérieur guyanais au littoral, échouent. Et pourtant plus de 25000 mille habitants sont concernés. Quels sont les freins ? Explications avec  Laurent Marot et Anthony Hilaire.
En 2018, pour se ravitailler et se déplacer, plus de 25 000 habitants de la vallée du Maroni dépendent de la pirogue et de l’avion. Alors qu’ils comptent parmi les populations les plus défavorisées du territoire, ils font face à une inflation des prix, fruit de l’isolement : 45 euros pour une bouteille de gaz, 1 euro 80 la bouteille d’eau minérale (deux fois plus que sur le littoral). Sans compter l’absentéisme record des enseignants dans les établissements scolaires, le sous-équipement sanitaire, et la violation constante de souveraineté depuis 25 ans opérée par les orpailleurs clandestins, fruit en grande partie de l’absence de liaison routière qui complique et renchérit le transport des hommes et des marchandises.

Un siècle de tentatives ratées 


Depuis plus d’un siècle, les élus guyanais ambitionnent de relier le littoral guyanais à l’intérieur. L’idée a d’abord été un chemin de fer, puis une route. Maintes fois tracé sur le papier, le projet est toujours resté lettre morte. L’Etat ne l’a jamais soutenu sérieusement, en dehors de l’éphémère piste Bélizon-Saül dans les années 50. Il est vrai qu’il a d’abord fallu relier entre elles les communes du littoral. A la faveur de la décentralisation, l’idée refait surface dans le Schéma d’Aménagement Régional (SAR), mais la collectivité n’a pas les moyens de mener seule ce projet. En 2006, Christian Estrosi, le ministre délégué à l’aménagement du territoire (UMP) annonce que cette route figurera parmi les grands projets nationaux. Il n’en sera rien. En 2007, l’Etat promet une piste de Bélizon à Saül, dans le cadre du Plan d’Accompagnement du Parc Amazonien. Nouvelle désillusion. En 2016, le nouveau SAR approuvé par décret ministériel inscrit la liaison Apatou-Maripasoula-Bélizon dans les projets de la CTG. En visite en octobre 2017 à Maripasoula, le président Emmanuel Macron annonce qu’il n’y aura pas de route entre Maripasoula et Saül durant son mandat.