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L'or saisi en Guyane sera utilisé à 100% pour la lutte contre l'orpaillage illégal

C’est une demande politique qui n’a eu de cesse de revenir sur le devant de la scène depuis plusieurs années, que l’or de Guyane saisi lors d’opérations de lutte contre l’orpaillage illégal reste en Guyane. Eh bien le gouvernement dit banco !

Destruction de carbets dans la basse vallée de la Mana © Forces Armées de Guyane
© Forces Armées de Guyane Destruction de carbets dans la basse vallée de la Mana
  • Jessy Xavier/CL
  • Publié le , mis à jour le
Dans le livre bleu pour l’outre-mer qui fixe la feuille de route pour le quinquennat du président Macron, une proposition (page 18) qui est visiblement passée inaperçue, prévoit que 100% des saisies d’or soient restituées à la Guyane, mais attention pour un objectif bien précis : Le plan «Harpie 2» contre l’orpaillage illégal en Guyane se traduit notamment par l’apport de 140 militaires supplémentaires, le renforcement des actions sera soutenu par une ligne budgétaire alimentée par les saisies d’or dont 100% seront ainsi restituées à la Guyane.


Le retour de l'or volé aux Guyanais

C’est une mesure qui permettrait de répondre à l’une des attentes de la population exprimée lors des évènements de mars-avril 2017 « le retour de l’or volé aux guyanais ». C’est ainsi que la préfecture présente la disposition contenue dans le livre bleu. Tout est parti de la déclaration du président de la République après son passage en Guyane en octobre 2017, il demandait une refonte du dispositif de lutte contre l’orpaillage illégal.
Une ligne budgétaire Harpie 2 alimentée par les saisies
Au-delà du renforcement des moyens humain, ce plan Harpie 2 prévoit donc un volet financier. Dans le livre bleu, le gouvernement précise ainsi que « le renforcement des actions sera soutenu par une ligne budgétaire alimentée par les saisies d’or dont 100% seront ainsi restituées à la Guyane". Autrement dit cet argent doit servir à financer les opérations sur le terrain. 


Une victoire pour les élus Guyanais?

Pour rappel, du député Gabriel Serville qui interpellait Christiane Taubira alors garde des Sceaux en 2012, au sénateur Georges Patient qui en faisait mention dans son rapport de 2014 pour le financement des collectivités en outre-mer, le but initial était de soutenir le développement des communes de l’intérieur directement impactées par le fléau de l’orpaillage illégal. Ce n'est pas tout à fait le dispositif actuel.
Dans la disposition actuelle, l’argent reste en quelque sorte dans les caisses de l’Etat même si c’est au bénéfice du territoire. Mais pour être complet il faut préciser qu’il y a deux ans, en janvier 2017, à la faveur d’une adaptation du code minier au droit de l’environnement, le député Gabriel Serville avait déposé une proposition d’amendement qui demandait exactement que les recettes issues de la vente de l’or saisi en Guyane soient affectées à un fond de financement pour la lutte contre l’orpaillage illégal. L’amendement avait à l’époque été rejeté.

En 2018, le bilan des opérations Harpie faisait état de la saisie d’une centaine de quads, de près de 200 armes, 120 kg de mercure et 5 kg d’or. Ces 5 kg d’or représenteraient au cours actuel près de 180 000 euros.

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