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Université : des étudiants étrangers sans papiers menacés d'expulsion

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Université de Guyane
L'entrée de l'Université de Guyane ©Alexandra Silbert
La communauté éducative de l’Université de Guyane a réagi face à ce qu’elle décrit comme une recrudescence des arrestations de jeunes étudiants sans papiers aux abords du campus de Troubiran à Cayenne. Six syndicats d'enseignants sont montés au créneau pour dénoncer cet état de fait.
Le 18 décembre la communauté éducative de l’Université de Guyane a réagi face à ce qu’elle décrit comme une recrudescence des arrestations de jeunes étudiants sans papiers aux abords du campus de Troubiran. Six syndicats d’enseignants et de personnels, plus deux associations dont RESF demandent que "les étudiants étrangers cessent d’être visés par ces arrestations".  Et à ce que "la carte d’étudiant permette de circuler, comme les lycéens le peuvent grâce à leur carnet de correspondance depuis 2006".
Egard, 23 ans, d'origine haïtienne, que nous prénommerons ainsi pour préserver son anonymat, est arrivé en Guyane il y a trois ans, sans -papiers.
L’année dernière, il a décroché son Bac avec mention bien, et aujourd’hui il est en 1ère année de DUT (Carrières Sociales). Un rêve d’intégration qui tourne au cauchemar chaque fois qu’il se rend à l’Université.

"On est stigmatisé ... on se mande en sortant de chez nous, est ce qu'on va arriver à l'université. Même si on est disposé à étudier, psychologiquement parlant, on est pas bien..."


Les syndicats constatent la stigmatisation

Sur le campus le sentiment de stigmatisation est partagé et le ressenti très fort. Six syndicats de profs et de personnels et deux associations affirment « qu’au moins 3 étudiants ont été enfermés en centre de rétention ces dix derniers jours ». Ils déclarent aussi avoir constaté des rondes de la PAF aux abords du campus.
Pour le syndicat sud éducation cela n'est pas normal. La carte d'étudiant doit permettre à cette personne de pouvoir vivre sur le territoire comme assister aux cours de l'université en toute sérénité sans avoir peur du contrôle.
Depuis 2006, selon les syndicats, il existe un accord tacite qui veut qu’on ne fasse pas la chasse aux jeunes sans-papiers scolarisés. Ainsi beaucoup passent le poste de contrôle d’Iracoubo, avec leur carnet de correspondance pour seul sésame.
Il y a quelques semaines la préfecture se félicitait de la bonne exécution d’un vol charter affrété par ses soins à destination de Port au Prince.
La polémique sur le statu des jeunes sans-papiers scolarisé est donc loin d'être terminée.

Le reportage de Guyane la 1ère
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