Les patrons calédoniens demandent la prolongation de la défiscalisation locale

Fin 2025, la défiscalisation locale s’arrêtera. Sauf si le dispositif, mis en place pour la première fois en 2002, est prorogé, comme en 2007 puis en 2017. Et pour le mouvement des entreprises de Nouvelle-Calédonie, le Medef-NC, il y a urgence. Des projets sont bloqués et pourraient bien échapper au territoire.

La Nouvelle-Calédonie est déjà en retard, affirme le Medef-NC. Avec une échéance fin 2025, plusieurs investissements productifs sont bloqués. Et les montants sont importants selon le syndicat patronal.

"Les cabinets locaux de défiscalisation, qui sont en contact avec les investisseurs, estiment qu’il y a une enveloppe globale de 10 milliards de francs de projets en attente", explique Alexandre Lafleur, président de la commission protection sociale du Medef-NC.

Plus tôt on avancera, mieux ce sera.

Alexandre Lafleur

Medef-NC

L’exemple de Tahiti

Les risques, selon l’organisation patronale : mettre un frein au développement de l’économie locale et voir partir les investisseurs. Alors elle demande de prendre en exemple la Polynésie française où le dispositif est prolongé jusqu’en 2032. Un délai qui conviendrait aux Calédoniens.  

Le gouvernement a commencé à travailler le sujet. Pour améliorer d’abord, puis prolonger le dispositif. Les patrons demandent la démarche inverse.  

"Il y a eu une première réunion d’échange, pour nous parler de réunions de travail qui vont être lancées, admet Alexandre Lafleur. Mais ces travaux pour redéfinir le mécanisme et le périmètre de defiscalisation locale vont durer plusieurs mois. C’est pour ça que la Métropole et Tahiti ont commencé par proroger le texte et travaillent, à l’heure actuelle, sur le périmètre et les mécanismes de défiscalisation à venir."

Projet de loi des Loyalistes

Sur ce sujet, les Loyalistes sont arrivés en soutien aux entreprises. Le parti a déposé vendredi un projet de loi du pays sur le bureau du Congrès et se défend de tout coup de pression. "On y travaille depuis trois ans maintenant", affirme Christopher Gygès, secrétaire général des Loyalistes.

Alors prorogation ou modification du texte ? "Les deux ne sont compatibles, prévient-il.  Il y a une urgence de prolongation pour donner de la visibilité aux investisseur, mais s’il y a un nouveau texte qui permet d’améliorer le dispositif, alors on l’accompagnera."

Un prolongement d’autant plus attendu par les investisseurs que la défiscalisation locale sert en partie d’argument pour Bercy et l’obtention de la défiscalisation nationale.