20 000 salariés concernés par l’amiante en Martinique

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En Martinique, il n'existe pas d'infrastructures pour accueillir les déchets liés à l'amiante. ©LAV
Dans l’Hexagone comme en Martinique, la problématique de l’amiante existe et concerne principalement les salariés du BTP. Ce jeudi, la Caisse Générale de Sécurité Sociale a organisé une journée de prévention face à ce risque majeur pour les professionnels pour discuter protection. 
L’amiante est un risque majeur, « un risque de santé publique », renchérit Jean-Philippe Giboyau, expert. Il concerne l’ensemble de la population mais plus particulièrement les 20 000 salariés du bâtiment. Ils s’exposent aux fibres d’amiante au moment des travaux et peuvent contracter des maladies, « qui se déclenchent entre 25 et 35 ans après », explique David Herté, contrôleur sécurité dans le service prévention de la direction des risques professionnels de la Sécurité Sociale.

Écoutez David Herté, contrôleur sécurité à la Sécurité Sociale :

David Herté, contrôleur sécurité dans le service prévention de la direction des risques professionnels de la Sécurité Sociale.

L’amiante se retrouve dans les locaux qui datent d’avant janvier 1997, date de son interdiction d’utilisation en France. Sont concernés les bâtiments, aussi bien dans les planchers, que dans les canalisations. Un employeur doit donc protéger ses salariés. Et pour cela, il doit suivre une formation pour obtenir une habilitation qui lui permettra de travailler sur des chantiers dangereux. « Ce n’est pas difficile », estime Jean-Philippe Giboyau qui est également formateur.

Écoutez Jean-Philippe Giboyau, formateur :

Jean-Philippe Giboyau, formateur amiante

Au 1er juillet 2015, la valeur limite d’exposition professionnelle à l’amiante sera abaissée : de 100 fibres à 10 fibres par litre pour accroître la sécurité des salariés.


80 000 euros d’investissement

La liste du matériel nécessaire pour travailler sur des chantiers amiantés est longue. « Il y a un aspirateur avec un filtre à très haute capacité pour filtrer l’air pour éviter de libérer les fibres d’amiante très fines, nous détaille Marc Ribac, qui termine sa formation de diagnostiqueur amiante. Elles sont cinq cents fois moins épaisses qu’un cheveu. On a le système de compartimentage. Les salariés peuvent s’y déshabiller, se nettoyer et passer à la douche. Après, ils peuvent récupérer leurs vêtements propres sans mettre de fibres à l’extérieur ». Et à cela, il faut rajouter des chaussures, des casques, des masques. Autant d’éléments pour protéger le salarié et l’environnement. Mais toute cette protection a un coût. Selon la Sécurité Sociale, une entreprise doit investir près de 80 000 euros.