Faut-il inscrire l'inceste au Code pénal ?

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Inceste
©Facebook Lamevi
Les députés examinent ce mardi (12 mai) le projet de Loi sur la protection de l'enfant, qui vise à inscrire l'inceste au Code pénal. Le Sénat s'était dit favorable en mars dernier. Mille et une victimes d'inceste fait partie des vingt associations françaises qui se sont mobilisées.
L'amendement qui prévoit d'inscrire l'inceste au Code pénal dans le cadre du projet de loi sur la protection de l'enfant devrait obtenir la majorité sans trop de difficulté à l'Assemblée Nationale. Ce changement est réclamé depuis de nombreuses années par les associations de victimes, et l'une d'entre elle est martiniquaise : Mille et une victimes d'inceste (aussi appelée Lamevi).

37 000 personnes concernées

Il y a une dizaine d'années, 500 cas d'inceste étaient portés tous les ans devant les tribunaux dans notre département. Aujourd'hui les chiffres ont doublé et ne sont même pas complets selon Fabienne Sainte-Rose, la présidente de Lamevi : "Le problème est bien réel en Martinique. On sait que 7,5% des femmes reconnaissent avoir été victimes de violences sexuelles dans leur enfance, donc les chiffres sont là : c'est près de 37 000 personnes qui sont concernées."

"Le mot inceste dérange"

L'inceste avait fait l'objet d'une campagne de sensibilisation en novembre dernier dans notre île. Pour que les victimes n'hésitent plus à signaler les prédateurs sexuels. "Pourquoi le mot inceste dérange encore ?, s'étonne Sylviane Beauroy-Eustache, la coordinatrice de l'association Stop aux violences sexuelles. C'est parce que nous avons des pratiques. De messe noire, de magie noire... Et pour obtenir le succès politique ou économique, on sacrifie sexuellement des victimes. Il vaut mieux qu'il soit de votre famille, qu'il soit le plus jeune possible pour avoir le plus de succès." Les auteurs d'inceste risquent jusqu'à 20 ans de prison.

Écoutez ce reportage d'Audrey Govindin :

Inceste (audio)



 
 
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