Les planteurs martiniquais ne s'inquiètent pas de la concurrence de la banane haïtienne... pour l'instant

économie
Nicolas Marraud-Desgrottes
Nicolas Marraud-Desgrottes, président de Banamart, groupement des producteurs de Martinique ©Antilla.com
Après la banane dollar puis la banane africaine, voici venir la banane haïtienne, une concurrente de plus pour notre banane. Nicolas Marraud-Desgrottes, président du groupement des planteurs martiniquais ne s'en inquiète pas... pour l'instant.
Après la banane dollar et la banane africaine, voici venir la banane haïtienne, dont les exportations vers l’Europe ont repris il y a trois semaines. Une concurrente de plus pour la production des Antilles et de la Martinique, en particulier. 
Entretien avec Nicolas Marraud-Desgrottes, président de Banamart, groupement des producteurs de Martinique.
 
Cette banane haïtienne, c’est une menace pour nous, à moyen et long terme ?
N.M.D : D’abord, on peut se féliciter de cette reprise de la production pour Haïti et les Haïtiens. Je pense que c’est une excellente chose parce que la banane, c’est beaucoup d’emplois. Et comme c’est un pays qui a beaucoup de difficultés, je pense qu’à ce niveau-là, c’est déjà une bonne chose. Ensuite, concernant une éventuelle menace, il faut savoir que le marché européen, c’est 5 600 000 tonnes de bananes, c’est un marché en augmentation. Je pense, donc, que chacun a sa place. Alors, c’est vrai qu’il y a la concurrence de la banane dollar. Ce sont des grandes productions qui n’ont pas les mêmes contraintes, aussi bien environnementales que sociales, et donc, on se retrouve avec une concurrence déloyale.
 
Mais pour ce qui est de la banane haïtienne, vous n’êtes pas inquiets ?
N.M.D : Non. Haïti est sur un marché particulier, celui du bio, avec une clientèle spéciale et des prix différents. Il n’y a donc pas d’inquiétude aujourd’hui. En plus, il ne faut pas oublier que c’est le démarrage, aujourd’hui ! Très peu de conteneurs sont partis vers l’Europe.
 
Et le fait que la banane haïtienne soit une banane bio, ça ne pourrait pas jouer en faveur d'Haïti?
N.M.D : Ah, c’est sûr que c’est un marché intéressant, mais on ne s’adresse pas à la même clientèle ! Ce ne sont, donc, pas les mêmes marchés, il n’y a donc pas lieu de s’alarmer ! Et puis, je le répète, ce sont des productions qui sont dans nos régions ! On peut, donc, être favorable à une production sur Haïti.
 
Tout va bien, donc ?
N.M.D (Il hésite et sourit) : Aujourd’hui, oui... On verra demain !