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Le 22 mai 1848, une insurrection populaire fondatrice du peuple martiniquais

Nous n’en parlons qu’une fois par an, mais la libération des esclaves par eux-mêmes nous permet de nous poser la question de l’existence d’un peuple martiniquais.
 

Conférence-débat sur les enseignements du 22 mai 1848. © Stéphane Petit-Frère
© Stéphane Petit-Frère Conférence-débat sur les enseignements du 22 mai 1848.
  • Par Jean-Marc Party
  • Publié le
La libération des esclaves, le 22 mai 1848, constitue-t-elle un acte fondateur du peuple martiniquais ? Certains le pensent. Ils estiment que tous les signes de l’existence d’un peuple sont matérialisés dans cette gigantesque révolte populaire.

Les milliers d’insurgés n’avaient qu’un seul but, la liberté. Ils empruntaient une seule direction, l'égalité des droits. Leur commandement était certes épars, mais avec une réelle convergence des forces.

Un autre élément important à prendre en compte est le soutien actif aux insurgés des hommes de couleur libres. Qu’ils le soient de naissance ou qu’ils aient été affranchis, ils ont souvent été à la pointe du combat pour l’interdiction du travail servile.

Les esclaves insurgés se sont pris en main. Ils ont organisé leur soulèvement en prenant des risques mortels. Ils ont bénéficié de la participation active de couches sociales proches d’eux sur le plan des conditions de vie, ou sur celui de leurs revendications.
 

Un soulèvement général unitaire victorieux


Ces faits sont interprétés dans les milieux nationalistes comme la preuve que la révolution anti-esclavagiste a été la première occasion qui nous ait été donnée de faire peuple. Selon cette grille de lecture, l’union, l’idéal commun, les moyens mis en œuvre collectivement pour parvenir à un objectif consensuel sont autant de signes de l’existence d’un peuple.
 

Un exploit digne d’un peuple


Or, il ne s’agit pas là d’une manifestation festive. L’insurrection finale a impliqué plusieurs milliers d’esclaves. Répondant à un mot d’ordre simple et unique, la liberté, ils ont déboulé de toutes parts sur Saint-Pierre mais aussi sur Fort-de-France. Pas un recoin de l’île qui n’ait été visité par les insurgés.

Leur victoire montre que la masse soi-disant inerte des esclaves était beaucoup plus forte et organisée que les autorités le pensaient. Sa mobilisation a été conclue par la fin du système esclavagiste. Un exploit digne d’un peuple. Cette notion crée des crispations aujourd’hui, c’est vrai. Mais comment expliquer autrement la victoire de nos ancêtres sur l’ignominie ?
 

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