Cachez ces déchets que nous ne saurions voir…

éditorial
Collecte des ordures
Centre de tri des ordures ménagères en Martinique ©Martinique 1ère
Une crise des déchets est-elle en passe de survenir ? La question se pose depuis l’arrêt momentané de l’incinérateur de Dillon, provoquant un ralentissement du ramassage des ordures ménagères.
"On est foutu, on mange trop". Sans donner raison au chanteur Alain Souchon, il nous faut reconnaître que nous avons un sérieux problème de gestion de nos déchets, qui finissent par nous déborder. Depuis quelques jours, les entreprises de collecte des déchets ménagers ne vident plus nos poubelles. L’incinérateur de La Trompeuse, à Dillon, est fermé pour une opération de maintenance.

Les déchets sont plus abondants que d’habitude après le passage de la tempête Matthew et prennent plus de temps à brûler car ils sont humides. Les ballots d’ordures stockés à La Trompeuse en attente de leur transfert à la future décharge de Petit Galion, au Robert, s’entassent dangereusement. Et n’oublions pas que la décharge de Céron, à Sainte-Luce, est sur-saturée depuis nanni-nannan.
 
En un mot : notre système d’élimination des déchets montre une inquiétante fragilité. Le SMTVD (Syndicat martiniquais de traitement et de valorisation des déchets) et la préfecture ont trouvé des solutions provisoires pour éviter une crise sanitaire et écologique. Il n’empêche : rien n’est réglé. Car une fois l’incinérateur ouvert à nouveau, il faudra procéder à l’élimination de stocks inhabituellement importants, tout en veillant à réduire les stocks anciens. Un double défi technique et économique.
 
Un vrai casse-tête dans un pays qui produit 300 000 tonnes de déchets ménagers par an, soit 110 kilos par habitant. Pourtant, cela fait bien deux décennies que nous savons que le système mis en place est sous-dimensionné. Autant que d’argent, c’est d’imagination dont nous avons besoin pour éviter, comme le déclame le célèbre conteur Joby Bernabé, de sombrer dans la logique du pourrissement.
 
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