"Cette terre me murmure à l’oreille", le nouveau spectacle de la chorégraphe martiniquaise, Christiane Emmanuel

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Danse contemporaine / danse
Le nouveau spectacle de danse contemporaine de Christiane Emmanuel, à l'affiche à l'Atrium de Fort-de-France le 16 octobre 2021 (image d'illustration). ©Peggy Fargues
"Cette Terre me murmure à l’oreille" est présenté en séance unique, samedi 16 octobre 2021 à 16h30, à Tropiques Atrium Scène Nationale à Fort-de-France. Ce nouveau show marque les 30 ans de la création de la compagnie de danse contemporaine Christiane Emmanuel.

"Cette terre me murmure à l’oreille", c’est l’intitulé de la dernière mise en scène de la chorégraphe Christiane Emmanuel. Cette nouvelle création met en scène 3 danseurs : Jean-Félix Zaïre, Christian Kossa et Abdoulaye Konaté.

Danseurs / chorégraphie
Les trois danseurs de la nouvelle pièce de Christiane Emmanuel, "cette terre me murmure à l'oreille" (septembre 2021). ©Peggy Fargues

 

Ce projet de création "se veut un dialogue transatlantique entre Caraïbe et Afrique". Ce spectacle a été travaillé en étroite collaboration avec des danseurs-chorégraphes africains et caribéens, "dans un enrichissement mutuel, vers la co-recherche et le co-développement d’une danse contemporaine dont les sources et ressources ancrées dans la terre nous parlent" explique Christiane Emmanuel.

L’Afrique, terre-mère, berceau de l’humanité, plantée tel un baobab dont les racines et les branches traversent les océans. Elle nous pénètre et codifie inlassablement notre ADN comme autant de fruits hybrides.

 

C’est en 2014, par une invitation officielle d’Irène Tassembedo, chorégraphe et danseuse du Burkina Faso, pour ma participation au FIDO (Festival International de Danse de Ouagadougou) que j’ai enfin mis les pieds sur la terre-mère.

 

Là, les premières sensations et celles qui m’interpellent : l’accueil en terre africaine, le respect, le respect des aînés, le respect de l’autre, le partage et l’écoute, la transmission, le bonjour et le bonsoir...

 

Des sensations vécues aussi dans la Caraïbe, des gestes simples, naturels et non formatés. Cela me renvoie à l’éducation que j’ai reçue, aux principes mêmes des fondamentaux de l’Homme.

 

En allant au marché dans les différents pays que j’ai pu visiter, une des images les plus saisissantes, c’est le port de tête des marchandes d’Afrique, similaire à celui des nôtres en Martinique.

 

Exigence de la colonne vertébrale allongée et cervicales souples (en toute beauté, en toute fierté), une tête disponible pour un panier bien centré, quel que soit l’âge.

 

"Des sonorités, les saveurs…"

Autres visites, autres enrichissements, j’entends des sonorités percutantes et identifie très clairement les similitudes entre les rythmes de la Caraïbe et les danses Yorubas, Araras ou Bantoues.

 

Comment parler de similitudes sans évoquer les saveurs de cette terre d’où partait l’essentiel, certaines traditions culinaires : l’accras (Kossé ou Akala au Ghana) sans parler des poissons et de leur mode de cuisson.

Christiane Emmanuel, chorégraphe, danseuse professionnelle et directrice de ballet

 

Christiane Emmanuel / chorégraphe / danseuse
Christiane Emmanuel, chorégraphe, danseuse professionnelle et directrice de ballet. ©Wilfrid Tereau

 

Au-delà des contraintes historiques et administratives, "comment recréer un espace de vie, de partage, d’écoute, de poésie corporelle et musicale, avec une partie du monde… (d’où nous venons)… et où il était peut-être strictement interdit de mettre les pieds, par peur du lendemain" s’interroge la directrice du ballet.

"Tisser des liens, consolider des ponts, qui pour le moment restent fragiles, sont quelques-unes de nos préoccupations et de nos objectifs".

30 ans de danse

 

Christiane Emmanuel est née à Fort-de-France au sein d’une grande fratrie. Elle passe toute son enfance aux Terres-Sainville où elle est scolarisée. Très tôt, son entourage découvre ses talents artistiques qui s’affirmeront dès 1973, avec ses rencontres, en qualité d’élève, avec Ronnie Aul (au Centre Martiniquais de la Danse) puis avec Jean-Claude Zadith (au Service Municipal d’Action Culturelle - Sermac), point de départ de son riche parcours. La jeune Christiane est douée et deviendra l’une des meilleures danseuses de sa génération.

De 1980 à 1982, elle intègre successivement l’Académie Internationale de la Danse à Paris. Elle y reste deux ans. Elle rejoint ensuite l’Ecole Nationale d’Art de Cuba. À l’issue de sa formation de cinq ans, elle décroche son diplôme de Professeur et danseuse professionnelle de danse afro contemporaine et de danse traditionnelle cubaine.

Contributions multiples

 

De 1988 à 2011, Christiane Emmanuel a eu l’opportunité de participer à nombre de créations, de compositions et d’ateliers. Durant cette période, elle côtoie de grands noms de la scène tels : Lurdes Ulacia (Cuba), Susan Buirge (USA), Bernardo Montet (France) et Dimitrios Tsiapkinis (France/Grèce), Philippe Barre (France), Franck Beaubois (France), Marianela Boan (Cuba), Elsa Wolliaston (USA), Patricia Kuypers (France), Catherine Dunham (USA)...

De retour en Martinique, elle officie en qualité de danseuse, chorégraphe, directrice administrative, artistique et manager de tournées. Elle contribue à plusieurs créations : Solédad (ballet-théâtre de José Exilis) et Zakapaluna, celle de la blanche demeure de la mer (1987 - ballet-théâtre de D. Gedoin), Liberté achevée (1989).

Elle crée de nombreuses chorégraphies, entre autres : Man Saint-Clair (2019), Je remets le couvert : indigestion (2017), Miles et mes danses de mauvais nègres ou Gran pinting pou Gran Nèg (2013-2014), Mangrove (2011), Choc(s) (2011), Mangeons... All Inclusive (2008), Jazz Douss (2006), An Kabel pou Lam ou une nuit sans lune (2001), Mona O (1995)...Mais aussi, des créations collectives : Les Petites Choses de la vie (2012).

Danse / danseurs
Les danseurs du spectacle "cette terre me murmure à l'oreille" en répétition (septembre 2021). ©Peggy Fargues

 

1989 : naissance de la compagnie

 

Entre-temps, la Compagnie Christiane Emmanuel est créée en 1989, un ballet qui inscrit sa ligne artistique dans un langage chorégraphique "résolument contemporain et caribéen, qui puise sa source dans l’idiosyncrasie martiniquaise et caribéenne".

À travers ses différentes rencontres, la compagnie s’est enrichie également des échanges artistiques entre chorégraphes et artistes d’origines diverses. À partir de 1996, elle forme la relève des professeurs de danse de Martinique au Diplôme d’État en tant que candidats libres. En 1998, elle est membre fondatrice de la Biennale de Danse Contemporaine.

En 2010, Christiane Emmanuel crée "La Maison Rouge", un espace dédié à la danse, au cœur du quartier de son enfance, dans la maison familiale où elle a grandi et esquissé ses premiers pas de danse.

Après une parenthèse politique au sein de la Collectivité Territoriale de Martinique entre 2015 et 2021 dans la majorité d’Alfred Marie-Jeanne, la chorégraphe est de nouveau pleinement investie dans son art, la danse.

La pièce "cette terre me murmure à l’oreille" (mise en musique par Jeff Baillard), est présentée en séance unique samedi 16 octobre 2021 à l’Atrium de Fort-de-France à 16h30.

 

Saùl accessible par la piste, 4 engins de chantier sont arrivés dans la commune. Le convoi a traversé la forêt pendant 12 jours, de Bélizon à Saùl. La Ctg a financé l'expédition avec le projet de renforcer la piste pour désenclaver Saùl. ©Guyane la 1ère