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La collectivité territoriale fête ses deux ans dans la crise

collectivité territoriale de martinique
Alfred Marie-Jeanne et Yan Monplaisir
Alfred Marie-Jeanne et Yan Monplaisir font liste commune aux élections pour la Collectivité Territoriale ©Gran Sanblé et Pou ba Péyi-a An Chans
La majorité de la Collectivité territoriale de Martinique victorieuse, il y a deux ans,  le 13 décembre 2015, est secouée par une crise sans précédent.
Triste deuxième anniversaire pour la Collectivité territoriale. Une crise sans précédent dans notre vie politique risque de miner l’édifice patiemment construit alors qu’il tarde à trouver son point d’équilibre. La crédibilité de nos élus risque de s’estomper. La confiance envers cette nouvelle institution risque de s’éroder. Et ceci à cause de déclarations tonitruantes du président de son conseil exécutif.

La salve ravageuse d’Alfred Marie-Jeanne est trop récente pour avoir déclenché un empêchement de fonctionner de la Collectivité territoriale. Mais les réactions en chaîne provoquées par ses accusations se poursuivront jusqu’à la réunion plénière de l’Assemblée de Martinique, mardi prochain.

Il se dit que la majorité envisage de boycotter la plénière. Un plan à affiner, la coalition au pouvoir ne constituant pas un bloc homogène. Outre des élus du MIM, divisés entre eux, elle comporte des militants indépendantistes du Palima, autonomistes du RDM et du Parti communiste, ainsi que des élus de droite. La majorité au sein de la majorité n’est pas encore stable.

Second scénario : le vote d’une motion de défiance envers le conseil exécutif. Il peut être renversé à condition d’obtenir les deux-tiers des 51 voix des membres de l’Assemblée. Les conseillers exécutifs déchus sont exclus de la CTM et sont remplacés par 9 autres élus siégeant sur les bancs de l’Assemblée. Nous n’en sommes pas encore à manier "cette arme nucléaire".

Le mot illustrant le mieux ce moment rarissime de notre vie politique, c’est : "incompréhension". Quel est l’intérêt des marie-jeannistes dans cette affaire ? Ils restent discrets pour le moment, sans doute surpris par la violence des propos de leur chef. Les désaccords, habituels au sein d’une famille politique, justifient-ils ce procès en sorcellerie à l’encontre de Jean-Philippe Nilor, député réélu, et de Claude Lise, loyal allié ?

La Martinique a souvent connu des épisodes de violence électorale ou de vive opposition entre dirigeants politiques adversaires. Là où le patron du MIM innove, c’est qu’il se retourne contre ses amis, avec une virulence inégalée. Comme si, paraphasant la célèbre chanson, "la CTM ka vini fol, fol, fol, fol, fol… ".
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