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Comment lutter contre les causes de la délinquance?

analyse
Opération anti-délinquance
Opération de lutte contre la délinquance à la porte du lycée Thoraille à Rivière-Salée ©Martinique 1ère
Lors de la séance hebdomadaire des questions d’actualité au gouvernement, mardi 2 octobre 2019, la députée de Martinique Josette Manin a réclamé des précisions quant aux moyens déployés par les pouvoirs publics pour juguler le crime organisé.
Pour lutter contre les délinquants et les criminels, 840 policiers et 613 gendarmes sont mobilisés. Des précisions portées par le secrétaire d’Etat chargé de la sécurité, Laurent Nunez.
La question de la députée Manin concernait les moyens mis par l’Etat pour contenir l’expansion du crime organisé. "Stop aux armes, stop aux larmes !" a-t-elle lancé depuis les travées de l’Assemblée nationale.

Nul ne peut nier que le gouvernement apporte une réponse judiciaire au banditisme. En tout cas, à ses effets visibles. Le ministre a annoncé l’ouverture prochaine d’un organisme spécialisé dans la lutte contre le trafic de drogue. C’est dire si l’Etat montre sa détermination face à une situation préoccupante.

Sauf que les causes profondes de la criminalité ne sont pas traitées. Depuis trente ans, une pègre s’est enkystée dans notre corps social, telle une verrue. Des criminels professionnels organisent le trafic de drogue. Il a fini par se banaliser, au point qu’il est devenu aisé de se procurer toutes sortes de stupéfiants.
 

La pègre s’est enkystée dans notre corps social


Dans les années 1986-1987, il s’agissait du crack importé de Saint-Vincent et de Sainte-Lucie. Cette drogue a connu un succès immédiat parmi les toxicomanes. Trente ans plus tard, la résine de cannabis est devenue le produit phare. Elle permet un troc indétectable par les instances judiciaires internationales avec la cocaïne, en transit dans la Caraïbe entre l’Amérique du sud et l’Europe.

Le trafic d’armes, plus récent, s’explique par la protection des transactions illicites. Des trafics alimentant le blanchiment de l’argent sale. Des sommes importantes sont réinjectées dans le circuit économique formel. Tout ceci est parfaitement connu.

Et après ? Le moment n’est-il pas venu de se demander si la criminalité aurait été aussi importante dans un contexte de plein emploi ? Le chômage massif depuis plusieurs générations et la tentation de l’argent facile n’induisent-ils pas l’aspiration vers le banditisme ? En clair, notre mal-développement n’est-il pas à la source de la délinquance ? Le débat est ouvert.
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