Coronavirus : attention aux masques non conformes

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Masques
©RS
Les propositions de masques pullulent sur les réseaux sociaux en ce moment. Ce commerce parfois au noir, affiche des tarifs qui peuvent atteindre jusqu’à 15 euros l’unité. Mais attention, ces masques artisanaux doivent respecter des normes, garantissant leur efficacité.
Le masque de protection buccal et nasal pour se préserver et protéger les autres du covid-19, est devenu l’accessoire le plus demandé dans le monde actuellement. Son port pourrait se généraliser dans les mois qui viennent, ce qui sera déjà effectif dans les transports publics dès le 11 mai 2020.

Dans l'hexagone, depuis le lundi 4 mai 2020, les masques chirurgicaux sont vendus massivement dans les rayons des grandes surfaces et des officines. Aux Antilles, il va falloir attendre encore un peu.

Mais les pharmaciens, à l’unisson avec d’autres professionnels de santé, critiquent ouvertement la gestion de l’Etat, en termes de commandes et de distribution de ces masques, dont la durée d’utilisation est limitée dans le temps.

Médecins, infirmiers, sages-femmes, pharmaciens, kinésithérapeutes, podologues, toutes ces professions s’indignent en constatant que la grande et moyenne distribution a pu se procurer plusieurs centaines de millions de masques chirurgicaux, mis sur le marché à partir du lundi 4 mai, alors qu’eux-mêmes en ont si cruellement manqué et subissent toujours rationnement et pénurie.

(lemonde.fr - vendredi 1er avril 2020)

"L'heure viendra, nous l'espérons, de rendre des comptes" ajoutent les présidents et présidentes des conseils nationaux des ordres de santé dans leur texte commun. 
 

L’Etat encourage la confection artisanale


Pour pallier ses carences, le gouvernement a lui-même encouragé la population à se fournir en masques en tissu, faute de pouvoir faire face aux besoins de l’ensemble de la population.

Nous avons rouvert récemment (...) les marchands de tissus et les ateliers de couture, et diffusé des guides pratiques de confection de masques, afin que chacun se mobilise pour en produire.

(Edouard Philippe, 1er ministre français)


Alors certains ont flairé la belle aubaine pour en faire un véritable bizness. Du coup, sur les réseaux sociaux, les offres se multiplient pour les types en tissu. Les tarifs s’échelonnent de 1 jusqu’à 15€ pour les modèles arborant le logo de grandes marques de prêt à porter ou de véhicules haut de gamme.
Masque griffé
Masque portant une griffe ©RS
 

Pas de tarif imposé


Si le gouvernement a décidé de plafonner le tarif des masques chirurgicaux à usage unique, à 0,95 € pièce TTC, le coût des protections réutilisables en tissu ne sera pas encadré en revanche. Les autorités ont simplement annoncé "une surveillance accrue des prix".
 

Vendredi 1er mai 2020, la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie, Agnès Pannier-Runacher, s’est exprimée à ce propos sur francetvinfo.fr :

On ne peut pas avoir de prix plafond sur des masques dont le nombre de lavages est en train d'augmenter (...).
On risquerait d'empêcher des masques de qualité d'arriver sur le marché". Ces masques "grand public en tissu", sont le plus souvent réutilisables, lavables et ont des propriétés de filtration garanties.


Toutefois, Agnès Pannier-Runacher promet qu'"il y aura des enquêtes chaque semaine" pour s'assurer "qu'il n'y ait pas de dérive des marges".

Décision critiquée


Du coup, les revendeurs se lâchent. Le site 60 millions de consommateurs parle de "carnaval des prix".
 

De nombreux consommateurs sont offusqués par le prix de ces masques filtrants en tissu, le plus souvent lavables et réutilisables vingt fois.


Pourquoi les prix ne sont-ils pas encadrés comme c’est le cas pour le gel hydroalcoolique, alors que le masque devient indispensable, s’interroge donc 60 millions de consommateurs. D’après l’association, l’Ordre National des Pharmaciens affirme que des tractations sont en cours avec les autorités pour encadrer les montants.
Masque en couleur
Masques en vrac. ©RS
Des plus simples au plus fantaisistes, ces masques (dits masques barrières ou grand public) parfois vendus au noir, sont rarement aux normes sanitaires édictées par les autorités, c’est à dire "dans les conditions recommandées par l’AFNOR et l’ANSM" a souligné Edouard Philippe, le 28 avril 2020.
 

Particularité des masques grand public


D’après les éléments communiqués par l’AFNOR, "le masque doit être constitué d’au moins 2 épaisseurs de tissu. La matière la plus appropriée est le tissu 100% coton avec un maillage serré. C’est notamment le cas des tissus popeline, 120 fils ou toile de drap. L’ajout de couches supplémentaires de tissus, entraîne à la fois une meilleure filtration des particules, mais moins de respirabilité".

L’INRS (l’Institut National de Recherche et de Sécurité) pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles précise toutefois :

Ces masques n’ont pas été soumis à l'ensemble des tests d’efficacité prescrits par les normes en vigueur. Le peu d’études scientifiques sur les performances de filtration des masques en tissu montrent une efficacité de filtration inférieure à celle des masques chirurgicaux.
Une étude chez le personnel hospitalier a également montré que le risque d’infection respiratoire était plus important dans le groupe portant un masque en tissu que dans le groupe portant un masque chirurgical.

(inrs.fr)


Dans son guide sur les masques barrières, l'Association Française de Normalisation (AFNOR) préconise également de laver cette protection chaque fois qu'elle est "souillée", "mouillée", ou mal positionnée sur le visage.

L'organisme recommande "un lavage à vide préalable" si vous avez "malencontreusement ajouté un masque usagé avec d’autres vêtements, lors d’un lavage avec une température inférieure à 60°C".
Dans ce cas, il faut procéder avant lavage, à un rinçage du tambour à froid avec de la javel, ou faire tourner à vide la machine à laver à 60 °C ou 95 °C, sans essorage.

L'AFNOR ajoute qu’il n'est pas nécessaire de désinfecter systématiquement le tambour avant de laver vos masques. 
 

Précautions avec le tissu


Les masques en tissu ne doivent pas être séchés à l'air libre, car cela prend trop de temps. L’AFNOR estime qu'il faut "procéder au séchage complet du masque dans les deux heures qui suivent le lavage". Et quand c'est possible, les passer au sèche-linge, après avoir nettoyé les filtres, ou encore jouer du sèche-cheveux. Toutes les couches du masque doivent être complètement sèches.

Ultime étape avant de le ranger : inspecter visuellement le masque. Si on observe la moindre détérioration (usure, déformation, trou, etc.), il faut le jeter.

Enfin, il est absolument déconseillé d'utiliser de la javel ou de l'alcool pour désinfecter un masque. Non seulement ces deux produits risquent d'en altérer la qualité en dégradant le tissu, mais l'eau de javel est en outre, dangereuse pour la santé, avec des risques d'irritation pour la peau, ou de troubles respiratoires.
(Source : franceinfo)
 

Autre recommandation, celle de Pierrot Lavater, patron d’une laverie-blanchisserie à Fort-de-France :

Il doit y avoir aussi une vigilance et surtout une rigueur dans les laveries automatiques. Évitons de propager ce virus à la vitesse grand V.

(Page Facebook P. Lavater)


Logo obligatoire


Concernant les entreprises qui veulent commercialiser ces masques grand public en tissu, elles doivent préalablement :

  • 1. Faire réaliser des essais, démontrant les performances de leurs masques au regard des spécifications de l’Etat, figurant dans la note d’information interministérielle du 29 mars.
  • 2.  Apposer sur le produit ou son emballage le logo obligatoire bleu et rouge, permettant d’identifier ces masques grand public.
Si ce logo assure que le produit a été testé et validé par les autorités sanitaires, il précisera aussi le nombre de lavages possibles.
Logos
©entreprises.gouv.fr
Pour faciliter la mise en œuvre de cette dynamique exceptionnelle, IFTH a mis au point un cahier des charges technique pour la confection de masques de taille normale et de petite taille.
 

Pas de protection à 100% avec le tissu


Le masque confectionné de façon artisanale, même en respectant les normes AFNOR, n’empêche pas la contamination par le covid-19.

Il constitue toutefois un écran non négligeable et contribue à freiner la propagation de l’épidémie (...).
Pour être efficace, le masque cousu main doit impérativement être lavé quotidiennement, à 60°C ou plus, en utilisant de la lessive classique. De plus, l’application stricte des gestes barrières demeure la meilleure des protections contre le coronavirus.

(aide-sociale.fr)

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