Coronavirus : La CTM et l'UE mettent près de 70 millions d'euros sur la table pour aider entreprises et démunis martiniquais

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réunion du lundi 20 avril 2020 entre la CTM et les maires de Martinique ©CTM
Dans une rencontre qui avait lieu ce matin (lundi 20 avril 2020) entre la CTM, les maires et les présidents des communautés d'agglomérations, Alfred Marie-Jeanne a annoncé un budget 2020 "réorienté" pour lutter contre les effets économiques et sociaux du coronavirus en Martinique.
C'est dans des conditions pour le moins "extra-ordinaires" que s'est tenue cette rencontre  qui devrait se pérenniser.
Alors que chacun se trouvait chez soi, ou plus rarement au bureau, Marinette Torpille et Francis Carole, tous deux conseillers exécutifs respectivement en charge du développement économique et des affaires sociales, ont présenté, par visio-conférence, les différentes actions mises en place par la CTM dans le cadre du "dispositif exceptionnel covid-19" et du "plan d'urgences solidarités".
Le tout, en plus du fonds national de solidarité auquel la Martinique peut prétendre grace aux plus de 2 millions d'euros débloqués pour cela par la CTM.
 

"Le dispositif exceptionnel covid-19" pour venir en aide au monde économique


C'est depuis ce qui paraissait être son domicile que Marinette Torpille a présenté les différentes mesures prises par la CTM pour venir en aide aux entreprises fortement touchées par la crise coronavirus.

Deux fonds et trois emprunts sont d'ores et déjà en place pour aider les TPE et PME qui constituent l'essentiel de notre tissu économique. Le tout est décliné sur deux phases.


La phase 1 du dispositif exceptionnel Covid-19 : L'urgence


Deux fonds sont mobilisés pour apporter un soutien à l'emploi.

1- Le fonds de solidarité : s'adresse aux entreprises de moins de 10 salariés dont le Chiffre d'Affaire (CA) annuel ne dépasse pas les 83 000 euros et ayant enregistré, depuis le début de la crise coronavirus une perte du CA de 50% minimum. Cette aide est de 1 500 euros maximum. Enveloppe, dans un 1er temps gérée par l'État, puis prise en charge ensuite par la CTM avec une aide supplémentaire pouvant aller jusqu'à 5 000 euros. 

2- Le fonds de subvention territorial : s'adresse aux TPE et PME dont le CA est inférieur à 2 millions d'euros. Ne concerne pas les entreprises de grande et moyenne distribution alimentaire, les sociétés immobilières ni même les professions réglementées. Le fonds de subvention territorial concerne donc les TPE et PME qui ont enregistré une perte d'au moins 30% de leur CA de janvier à mars 2020. Si l'activité est au point mort cette aide monte jusqu'à 10 000 euros. Si l'activité est ralentie l'aide est plafonnée à 5 000 euros et si l'entreprise a moins d'un an un forfait de 1 000 euros est proposé.
 

La phase 2 du dispositif Covid-19 : la relance


Dans cette phase de soutien à la reprise de l'activité, 3 prêts sont proposés.

1- le Prêt Garanti par l'État : il est proposé à toutes les entités économiques de l'île (entreprises, commerçants, professions libérales, micro-entrepreneurs, associations et fondations) par les banques de la place. Comme son nom l'indique, l'État se porte garant. Il est limité à 25% du CA 2019. 

2- le Prêt Territorial Covid-19 : il s'adresse à toutes les TPE et PME de Martinique qui ont une activité vieille d'au moins 6 mois et qui enregistrent  des difficultés réelles de trésorerie. Il est plafonné à 60 000 euros par entreprise.

3- le Prêt Rebond BPI financé par la CTM et la Banque Publique d'Investissement concerne les PME, SCI et entreprises individuelles tous secteurs d'activités confondus. Ce prêt à taux zéro sur 7 ans est encadré (entre 10 000 et 300 000 euros)
Le plan d'urgences solidarités pour aider les plus démunis
Dans une liaison internet plutôt fébrile, Francis Carole a donc exposé les mesures sociales mises en place par la CTM à destination des martiniquais les plus fragiles.
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les maires des différentes communes de Martinique intervenaient par vidéo ©CTM
 

Ce vaste plan national d'urgences solidarités est réparti sur 5 axes définis par la CTM comme suit :


1- les aides financières individuelles aux personnes socialement fragilisées par la crise coronavirus. 
2- le soutien aux municipalités au travers des actions de leurs CCAS (Centres Communaux d'Actions Sociales). Cette enveloppe de 465 000 euros, doit permettre d'aider le portage de repas, les paniers alimentaires et les aides aux achats de première nécessité.
3- le soutien aux associations caritatives : sont concernés les secours catholique et adventiste, l'ACISE, la Croix Rouge française, la Banque Alimentaire... pour une enveloppe de 400 000 euros.
4- la participation au plan de lutte contre l'isolement "Yonn a Lot". Là l'enveloppe est de 50 000 euros.
5- le soutien aux femmes victimes de violence conjugales.
 

Le financement des collectivités en suspens


Parmi toutes ces mesures, le président de l'exécutif de la CTM a également tenu à alerter sur le financement des collectivités (CTM, mairies, communautés d'agglomérations). Les recettes de la CTM sont en effet  emputés par les conséquences de la crise coronavirus. L'octroi de mer et la taxe sur les carburants par exemple n'étant plus aussi importants que d'habitude. 
Inquiétude relayée par les maires présents qui demandent solennellement à l'État de prendre en considération les spécificités ultramarines avec pourquoi pas, une aide exceptionnelle pour les municipalités.
 
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