Crash du 16 août 2005 : "nous avons un devoir de mémoire chaque année" (Rose-Marie Taupin Pélican)

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Stèle / recueillement / AVCA / crash
Recueillement de familles endeuillées devant la stèle de la ville de Basse-Pointe, un des 12 monuments construits en mémoire des victimes depuis le crash du 16 août 2005. (Illustration) ©Capture Facebook AVCA / DR
L’Association des Victimes de la Catastrophe Aérienne du 16 août 2005 (l’AVCA) commémore ce mardi 16 août 2022 pour la 17e année consécutive, le crash aérien du 16 août 2005 au Vénézuéla. Les causes de cette tragédie qui a occasionné la mort de 152 martiniquais sont encore inconnues. Le dossier sera rouvert par la cour d’appel de Fort-de-France, les 28 et 29 novembre prochain.

Il y a 17 ans, la catastrophe aérienne du 16 août 2005 à Machiques au Venezuela, a décimé 160 passagers, dont 152 martiniquais de retour de vacances au Panama.

Ce mardi 16 août 2022, l’AVCA met encore une fois un point d’honneur à rendre hommage aux victimes, "un devoir de mémoire chaque année" pour Rose-Marie Taupin Pélican, la présidente de l’association.

Sport, slam, dépôts de gerbes… pour ce 17e anniversaire

La commémoration débute dès 6h30 au stade de Saint-Joseph, afin de "marcher et courir pour la mémoire, pour le soutien aux familles".

Venez en tenue de sport, avec casquette et vêtement de rechange. A 11h près de la stèle, il y aura un temps pour des textes, slams et poèmes. A 15h, à Fort-de-France, venez aussi dire vos textes. Être là, c’est ne pas oublier. Nous avons un devoir de mémoire chaque année.

Rose-Marie Taupin Pélican pour l’AVCA

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Programme des commémorations du 16 août 2022, en mémoire des 152 martiniquais morts lors du crash aérien du 16/08/2005. ©Capture Facebook de l'AVCA / DR

"Que s'est-il réellement passé ?"

Concernant le volet judiciaire, les familles réclament toujours "la vérité sur les circonstances de la tragédie". Une nouvelle audience est prévue à la cour d’appel de Fort-de-France les 28 et 29 novembre prochains.

Les familles n'ont eu de cesse de réclamer la vérité sur les circonstances de la tragédie. Que s'est-il réellement passé pour que l'avion, un MD-82 de la West Caribbean vienne se fracasser à vive allure contre le sol, entraînant la mort brutale des 160 occupants ? Si l'an dernier nous vous disions que l'enquête était au point mort, aujourd'hui nous constatons que nous avons rétropédalé car les experts viennent de dédire les enquêteurs du BEA et de la BGTA (Brigade de Gendarmerie des Transports Aériens) qui avaient démontré que l'avion était en surcharge. Nous ne pouvons admettre une telle expertise qui ne répond pas à la demande de complément d'expertise faite par le juge.

"Les magistrats sont légers et désinvoltes"

Désormais nous ne savons plus ce qui est exact et ce qui est "détricoté" dans cette procédure. Cela prouve bien ce que nous dénonçons depuis le début : cette enquête n'est pas sérieuse. Les experts ne font pas montre de compétence ni de rigueur. Les magistrats sont légers et désinvoltes. L'on se demande si la manifestation de la vérité est bien ce pour quoi ils sont payés. 17 ans après, aucune des personnes intervenues dans ce dossier ne peut répondre à une question fondamentale : quelle était la masse de l'avion à vide, par exemple ? C'est une honte et une forme de mépris à l'endroit des familles.

Rose-Marie Taupin Pélican
AVCA / crash / justice
Rassemblement devant la cour d'appel de Fort-de-France en 2017, de plusieurs membres de l'AVCA (l’Association des Victimes de la Catastrophe Aérienne du 16 août 2005). ©Capture Facebook AVCA / DR