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La crise des contrats saisonniers, utile révélateur du niveau intolérable du chômage

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Les cours dans les établissements scolaires de l'île seront perturbés. ©CGTM
La grève de protestation menée par deux syndicats de la Collectivité territoriale de Martinique contre la non-reconduction du nombre des salariés sous contrat saisonnier s’est terminée ce 21 septembre 2018. Le sujet continuera d’alimenter le débat sur le niveau trop élevé du chômage.
La crise à rebondissements des contrats saisonniers et des contrats dits aidés de cette rentrée scolaire 2018 nous ramène à nos échecs répétés visant à combattre le chômage massif. La Martinique compte 4 000 salariés sous contrat à durée déterminée avec le rectorat de l’académie, la CTM, quelques communes et plusieurs dizaines d’associations sportives, humanitaires et sociales. Des emplois financés à hauteur de 50 à 75% par l’État, le solde relevant de l’employeur.
4 000 travailleurs pauvres perçoivent un salaire symbolique de moins de 700 euros, leur permettant à peine de survivre. Associations et communes n’ayant pas les moyens sont obligées de réduire ou de supprimer leurs effectifs de salariés saisonniers.
 

Un chômage structurel


Quant à la CTM, elle en est réduite à choisir entre les milliers de chômeurs pour assurer une mission de service public dans les établissements scolaires. Ses élus ont l’embarras du choix. Pôle Emploi compte 58 000 inscrits. Le chômage réel touche un adulte sur trois. Une proportion de deux personnes sur trois chez les jeunes non scolarisés.
L’acuité de cette nouvelle crise a donné à certains l’occasion de tenter, maladroitement, de remettre en cause le droit de grève. Elle a également suscité un nouvel épisode de l’habituelle guérilla politicienne interne à la CTM. Observons, cependant, que cette crise est d’autant plus aiguë que le chômage est structurel. Plus précisément, qu’il consubstantiel de notre régime économique et politique.
 

Du travail pour tous ?


C’est parce que nous avons choisi la liquidation de notre production au profit de la consommation que nous en sommes arrivés à ce niveau intolérable de chômage. C’est parce que nos entreprises les plus prospères sont des importateurs de marchandises, et non des industriels, des agriculteurs ou des start-ups que les emplois du secteur privé sont si peu nombreux et si mal payés. C’est parce que nous bénéficions d’un généreux système de protection sociale que la valeur travail recule.
Sachant que ce sont les citoyens qui décident du régime qu’ils souhaitent, il serait temps que nous aidions nos dirigeants, locaux et centraux, à cesser de partager la pauvreté et de gérer la pénurie économique. Et ce, afin de promouvoir enfin le travail pour tous.
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