Du transport de canne à sucre au transport des touristes en Martinique de 1870 à nos jours

patrimoine
Train de canne à sucre
Train d'époque bondé de canne à sucre ©Martinique la 1ère

C’est un vestige du passé, la seule locomotive en activité. Elle transporte aujourd'hui des touristes aux abords de l’usine Saint-James. Ce loco tracteur à diesel transportait jadis de la canne en très grande quantité vers les usines centrales. Retour sur l'histoire de son implantation.

Ce loco tracteur transporte aujourd'hui des touristes aux abords de l'usine Saint-James. Mais il transportait jadis de la canne en très grande quantité vers les usines centrales.

 

Train
Le seul train encore en état de marche à Sainte-Marie ( Martinique). ©Martinique la 1ère

 


Ces unités de production font leur apparition à la Martinique à la fin du 19e siècle, avec la révolution industrielle et sont implantées à la campagne et dans les agglomérations du Lamentin, de Fort-de-France et de Rivière salée.


Après l’abolition de l’esclavage, l’usine centrale remplace ainsi l’habitation-sucrerie. Et dès 1862, les premières locomotives à voir le jour sont celles du Lareinty au Lamentin et du Galion à Trinité.

Sous l’impulsion d’homme comme Émile Bougenot, un ingénieur des arts et métiers venu de métropole. Très rapidement, et dans toutes les communes, de nouvelles infrastructures sont construites.

(Re)voir le reportage de Fabienne Leonce et de Stéphane Petit-Frère. 

 

 

Transformer de grandes quantités de canne en sucre

 

En 1870, 5 usines sortent de terre. 20 ans plus tard, on en compte une vingtaine. Elles s’appuient sur de nouvelles gestions de la matière première pour transformer de grandes quantités de canne en sucre et en rhum.


Cette unité de transformation utilise la machine à vapeur et s’appuie sur un groupe d’habitations pour lui fournir la canne à broyer.

La campagne martiniquaise se transforme. Près de 300 kilomètres de voies ferrées sont construites. Et avec elles, des ponts métalliques ou en pierre, des gares pour rassembler les cannes dans les wagons.

Chaque infrastructure est dotée de son propre réseau ferroviaire avec un écartement de rails qui ne permet pas son usage par une autre usine.

 

Trains de canne à sucre
Trains de canne à sucre en Martinique. ©Martinique la 1ère

 

Les locomotives à vapeur cèdent le pas à d’autres modèles plus performants. Ce modèle est appelé loco tracteur. Il fonctionne au diesel. On en comptabilise jusqu’à 47 dans l’île.

L’usine centrale ne peut être dissociée de la naissance du mouvement ouvrier. Et de la crise du sucre dès la fin du 19e siècle.

Crise qui provoque de mouvements sociaux et de nombreuses grèves, parfois sanglantes. Les usines centrales ferment les unes après les autres à partir des années 1930 puis s’accélère dans les années 1970. La disparition des usines, entraîne une partie de la population des campagnes dans les quartiers de Fort-de-France.

 

Ancienne habitation sucrière
Les vestiges d'une habitation sucrière en Martinique. ©Martinique la 1ère

 


Avec la disparition des usines, disparaissent de fait les locomotives.

Aujourd’hui, subsiste le Galion à Trinité. L’unique usine à sucre, née il y 160 ans. Il y a 7 distilleries. Et des stigmates d’une époque. 

 

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