Suite et fin de la visite de 48h en Martinique de la secrétaire d’Etat chargée de l’écologie. Au menu de son agenda mardi 13 juin 2023, une visite en fin de journée dans le nord Caraïbes à Saint-Pierre et au Carbet, pour entendre les édilités ou leurs représentants, sur le mouillage sauvage de navires et l’érosion du littoral.
Auparavant, Bérangère Couillard s’est rendue au Palais des congrès de Madiana à Schoelcher, où elle a lancé un forum caribéen sur l’eau et l’assainissement.
Cette conférence régionale s’inscrit dans le cadre des premiers résultats de la phase 1 du projet CARIBSAN, financé par l'Union Européenne à travers le programme INTERREG Caraïbes, l’Agence Française de Développement et les Offices de l’Eau Guadeloupe et Martinique.
"L'objectif de CARIBSAN est de développer la coopération entre acteurs de la Caraïbe pour promouvoir et déployer la solution des filtres plantés de végétaux en assainissement".
Puis, Bérangère Couillard s’est rendue à Saint-Joseph, à Coeur Bouliki, un site où des eaux souterraines doivent être pompées, afin de compenser les pénuries récurrentes qui affectent une grande partie de l’île en période de sécheresse.
"2000 m3 d’eau par jour" en plus
Ce forage sera soutenu financièrement par l’Etat, dans le cadre d’"un réajustement, c'est-à-dire une dotation supplémentaire de 35 000 000 d'euros par an" a annoncé la ministre.
Bérangère Couillard a aussi relevé les difficultés que rencontre le réseau de distribution, singulièrement en termes de pertes.
La Martinique a une ressource abondante, mais elle rencontre des difficultés quand il y a une saison qui est sèche. L'idée c'est de diversifier les ressources et c'est le cas justement à Cœur Bouliki, avec le la réalisation de 2 forages qui permettront la production de 2000 m3 d'eau par jour et qui viendra donc s'ajouter à cette ressource en eau qui est disponible dans les rivières et qui correspond aujourd'hui à 95% de la ressource en eau. On a aussi échangé évidemment avec tous les acteurs présents aujourd'hui sur la nécessité de renforcer les ouvrages existants. On a trop de perditions dans les réseaux et donc il est important que l'eau qui est produite dans les usines, puisse arriver au robinet des martiniquais.
Bérangère Couillard(au micro de Christine Cupit de Martinique 1ère radio)
"35 000 000 d'euros par an pour les Outremers"
Le président de la République a annoncé en mars dernier un réajustement, c'est-à-dire une dotation supplémentaire de 35 000 000 d'euros par an, qui viendront s'ajouter aux 20 000 000 d'euros existants, qui permettront de remettre à niveau les canalisations dans les Outremers. C'est 170% de financement complémentaire.
Bérangère Couillard(au micro de Christine Cupit)
La secrétaire d’Etat chargée de l’écologie auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, a profité de cette visite de terrain, pour évoquer avec les acteurs qui l’accompagnaient, le sujet de la gouvernance.
"Parce qu'il est important pour mettre en œuvre un certain nombre de travaux, d'avoir une gouvernance solide qui permet d'avoir aussi une ingénierie compétente" a souligné la représentante du gouvernement.
Bérangère Couillard faisait ainsi allusion probablement à la gestion unique de l’eau évoquée la veille avec le président du conseil exécutif de la CTM, Serge Letchimy.
Reste à savoir si le message a été entendu par les différents acteurs de la gouvernance actuelle, car force est de constater que cette structure unique a encore du mal à se concrétiser en Martinique, en dépit d’une volonté politique pourtant partagée.
En effet, le contexte insulaire tropical, la topographie du territoire, la forte densité de la population et les données économiques, sociales et environnementales sont autant de contraintes qui obligent l'ensemble des acteurs et la population à une réflexion globale et à la mutualisation des efforts pour une gestion intégrée et durable.
observatoire-eau-martinique.fr
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