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L’économie martiniquaise connaît une embellie modérée

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©Martinique 1ère
La morosité économique de ces trois dernières années est-elle derrière nous ? Réponse positive, si l’on en croit l’INSEE. Dans sa dernière étude, l’institut de la statistique révèle que la croissance a augmenté en 2018. Mais derrière les chiffres, se cache une réalité plus complexe.
Avec une croissance de 1,2% en 2018, il y a de quoi se réjouir. Que signifie ce chiffre ? La croissance, c’est la différence entre la richesse produite dans un pays ou dans un territoire durant une année par rapport à l’année précédente.
La totalité des revenus et des dépenses des particuliers, des entreprises et des services publics sont additionnés. Le résultat donne une idée de l’enrichissement ou de l’appauvrissement de ce territoire.
La production intérieure brute s’établit à 8,9 milliards d’euros, contre 8,6 milliards en 2017. Une somme générée par le dynamisme de notre économie. D’où la conclusion de l’étude de l’INSEE : la Martinique a connu une embellie l’année dernière.
Ce chiffre appelle plusieurs remarques. Tout d’abord, de quelle production parlons-nous ? Les secteurs d’activité générant les plus gros chiffre d’affaires sont le commerce, la banane, les exportations de carburants vers la Guadeloupe et la Guyane et la production de rhum. Des activités soumises à des retournements de conjoncture et aux aléas climatiques.
 

La statistique masque l’essentiel


Par ailleurs, le modèle de développement économique ne favorise pas l’expansion de secteurs d’activités à fort potentiel. Les ressources de la mer, l’agriculture nourricière, le numérique ou encore le tourisme sont sous-exploités. Pourtant, les salaires y sont plus élevés et les besoins plus importants que dans les secteurs traditionnels ou archaïques. Sans compter qu’ils attirent de plus en plus les jeunes en formation.

En dépit de l’embellie, toute relative, observée d’une année sur l’autre, il reste que les conditions ne sont pas réunies pour un véritable décollage de notre économie. Elle reste trop dépendante de l’agriculture d’exportation et de la grande distribution qui contribuent, avec leurs bas salaires et des qualifications minimales, à un appauvrissement de la population. Comme quoi les chiffres, mêmes les plus positifs, peuvent être trompeurs.
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