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Education : quel Lycée Schoelcher demain?

éditorial
Lycée
Maquette du nouveau lycée Schoelcher (livraison prévue en septembre 2020) ©FD
Les travaux de démolition du lycée Schoelcher ont commencé mardi 20 juin. Objectif : réouverture d’un établissement flambant neuf dans trois ans. Mais pour y faire quoi exactement ?
C’est décidé, le lycée Schoelcher nouvelle formule effectuera sa rentrée en septembre 2020. Les pelleteuses auront tôt fait de transformer en monceaux de gravats l’édifice ouvert en 1937. Un calendrier est enfin arrêté par la CTM, propriétaire des lieux. L’opération coûte 80 millions d’euros, dont 70 millions à la charge de la Collectivité territoriale et 10 millions versés par l’Etat.

La reconstruction du vénérable établissement ayant produit pas loin de 80 promotions de bacheliers, dont une bonne proportion des élites d’hier et d’aujourd’hui, est envisagée à un horizon palpable. L’échéancier met fin aux tergiversations d’une énième polémique coloniale entre les schoelchéristes et les schoelchériens sur les avantages comparés du tout-casser et du tout-garder. Tout ceci est désormais derrière nous.

Baisse des effectifs


Comme il convient de regarder l’avenir, la question vaut d’être posée de la future vocation du lycée rénové. Vu la chute des effectifs scolarisés en raison de la dénatalité, est-il cohérent de refaire le lycée comme il était jusqu’ici ? D’ici la rentrée 2020, il y aura encore moins de lycéens qu’aujourd’hui. Et leur nombre va baisser les années suivantes. Tous les responsables politiques et administratifs en charge du dossier en sont parfaitement informés.

Pourquoi ne pas monter plutôt un établissement spécialisé dans les formations post-Bac ou une annexe de l’université ou encore un centre de création culturelle et artistique ? Ou bien une pépinière pour jeunes talents et autres promoteurs de start-up ? Sommes-nous obligés de reproduire des schémas obsolètes au prétexte de sauvegarder un élément du patrimoine, quoiqu’il en coûte ?

Notre économie s’essouffle, notre jeunesse s’ennuie ou s’en va, nos artistes ont la vie dure, nos intellectuels se taisent. L’argent public ne pourrait-il pas financer, pour une fois, un instrument culturel ou économique innovant ? Victor Schoelcher n’en serait pas déshonoré.
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