Elysée 2022 : la droite retrouvera-t-elle les faveurs des électeurs de Martinique ?

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Réunion de la droite
Réunion de l'UDI et des LR de Martinique pour Valérie Pécresse. ©Thierry Maisonneuve
La candidate de la droite à l’élection présidentielle est-elle en mesure de réaliser un bon résultat auprès des électeurs de Martinique pour ce premier tour de scrutin ? Il fut un temps où ce courant de pensée dominait les débats sur le plan local. Qu’en sera-t-il en 2022 ?

Les électeurs de Martinique vont-ils voter pour la droite ce samedi 9 avril 2022 ? Pourquoi pas, après tout ? Il n’est que de se rappeler que ce courant de pensée a eu ses heures de gloire dans le passé. Le général Charles de Gaulle, pour la première élection du président au suffrage universel de la Cinquième République, en décembre 1965, est littéralement plébiscité. Avec 89% des voix, il obtient un score deux fois plus important que pour la France entière, 45%.

Il bénéficie dans nos territoires d’un prestige intact. Nos grands-parents lui sont gré de nous avoir épargné Hitler et son régime raciste. Avec, il est vrai, l’appui déterminant des volontaires venus des Antilles, de la Guyane, d’Afrique et du Pacifique. Ce qu’a reconnu de Gaulle par la suite.

Ici, le charisme du chef de la France libre est tel que son successeur, Georges Pompidou, en 1969, engrange les trois-quarts des voix pour 45% sur toute la France. Le mouvement gaulliste en Martinique est encore très puissant.

Le gaullisme domine durant trente ans

Au point qu’en 1974, son candidat Jacques Chaban-Delmas, recueille 48% des voix ici mais seulement 15% à l’échelle de tout le pays. Celui qui sera élu, le libéral Valéry Giscard d’Estaing, arrive en troisième position chez nous.

Puis à partir de 1988, pour le second mandat du président socialiste François Mitterrand, la gauche devance ses concurrents. Peu à peu, la droite locale perd de son influence acquise durant les trois décennies précédentes au profit de la gauche et des indépendantistes.

Sauf que son idéal majeur, le rejet de l’indépendance de la nation martiniquaise, demeure majoritaire au sein de la population. Tout comme l’autonomie, vue comme l’antichambre de la rupture des liens avec la France.

Cette perspective est désormais hors de portée. Les partisans de l’indépendance et de l’autonomie ont renoncé à leurs revendications. La droite perd un argument politique fort, mais ses candidats continuent de réaliser des résultats honorables ces vingt dernières années.

De bons résultats pour les candidats de droite

Ainsi, Jacques Chirac obtient 33% des voix en 2002, à l’occasion de l’instauration du quinquennat. À comparer avec son score global inférieur à 20%. La Martinique vote mieux à droite que l’ensemble de la France, cette fois encore.

Ce qui se vérifie en 2007 à nouveau. Nicolas Sarkozy totalise 34% des voix, trois points de mieux que pour la France entière. La droite martiniquaise résiste bien. Elle dispose d’un député sur quatre et de treize maires sur trente-quatre.

Toutefois, son influence s’atténue depuis dix ans. Pour illustration, le score de Nicolas Sarkozy en 2012, 26%. Il est à un point en-dessous de son résultat global. Idem en 2017 pour François Fillon, troisième en Martinique avec 17% derrière Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.

Valérie Pécresse saura-t-elle relever le défi en améliorant ces résultats ? Les électeurs de Martinique votant différemment que la moyenne, tous les espoirs pour les électeurs de droite sont permis.