Elysée 2022 : le troisième tour se prépare aussi activement que le second

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Opération de vote en cours dans un bureau à Fort-de-France. ©Guy Etienne
Alors que le second tour de l’élection présidentielle n’a pas encore eu lieu, des stratégies se mettent en place pour contrecarrer l’action de celui ou de celle qui va entrer à l’Elysée. Ce qui peut se comprendre dans le climat politique ambiant.

Et si les élections législatives constituaient le troisième tour de l’élection présidentielle ? C’est ce que laissent entendre différents candidats éliminés au premier tour, sinon les dirigeants des formations politiques qui les soutenaient. Leur objectif est de cadenasser le prochain locataire de l’Elysée, que ce soit le président sortant Emmanuel Macron ou sa concurrente du Rassemblement national, Marine Le Pen.

Le but est de décorréler la majorité présidentielle, acquise par le président ou la présidente, avec la majorité parlementaire, acquise après l’élection des députés, à la mi-juin. Si ce scénario est validé par les électeurs, le président ou la présidente sera contraint à une cohabitation avec un gouvernement d’une couleur politique opposée à la sienne.

Ainsi, le chef de l’Etat ne pourra pas dérouler le programme sur lequel il aura été élu. C’est l’espoir plus ou moins secret des opposants aux deux candidats qualifiés pour le second tour de la présidentielle. L’explication de ce calcul stratégique est simple.

Un choix contraint pour les électeurs 

Les candidats de la gauche et de la droite présents au premier tour estiment que les électeurs se trouvent face à un choix contraint qui les amèneront à élire un président ou une présidente par défaut. La réédition du duel de 2017 ne leur plaît guère. Autant il y a cinq ans, il fallait barrer la route à l’extrême droite. Autant en 2022 ce courant politique a des chances très sérieuses d’entrer à l’Elysée.

 Autant en 2017 Emmanuel Macron donnait l’espoir d’un changement de vision et de pratiques politiques, autant en 2022 son bilan est mitigé sur ce plan. Dès lors, les socialistes, les écologistes, les mélenchonistes et les Républicains estiment séparément qu’il convient de corriger le prochain résultat des urnes en ramenant les citoyens vers leurs valeurs politiques authentiques. Par conséquent, élire des députés socialistes, écologistes, mélenchonistes ou des Républicains pour contraindre le président de la République au compromis historique voire au consensus national. Le pari est risqué, mais il est lancé.

L’opposition aux finalistes s’organise

La gauche tente de trouver une démarche unitaire, mais le dialogue est compliqué entre le Parti socialiste et La France insoumise. Les écologistes sont partagés entre une alliance avec le PS et un rapprochement avec l’équipe de Jean-Luc Mélenchon.

Quant aux Républicains, forts de leur implantation locale, ils espèrent faire beaucoup mieux que résister aux macronistes et à l’extrême droite. Avec sa connaissance du terrain, disposant d’un vaste réseau d’élus dans les villes, les départements et les régions, la droite est en mesure d’amoindrir l’effet de l’élection présidentielle, quel qu’en sera le vainqueur.

 Les socialistes sont dans le même état d’esprit. Le résultat historiquement faible de leur candidate Anne Hidalgo ne doit pas masquer le fait qu’ils sont, dans une moindre mesure que la droite, bien insérés dans le paysage politique local, dans toute la France.

 Décidément, le troisième tour de la présidentielle de 2022 semble déjà bien engagé avant même la conclusion du second tour.