Elysée 2022 : les écologistes seront-ils au centre du débat politique ?

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Sandrine Rousseau et Yannick Jadot
Sandrine Rousseau et Yannick Jadot d'Europe-Écologie-Les-Vert, le mouvement français de l'écologie politique. ©EELV(fb)
Ce mardi 28 septembre 2021 est à marquer d’une pierre blanche pour les écologistes français. Le nom de celui ou de celle qui les représentera à l’élection présidentielle d’avril-mai 2022 sera connu. En Martinique aussi, les écologistes suscitent les plus grands espoirs en un monde meilleur.

Alors que les militants et les sympathisants écologistes s’apprêtent à se mettre en ordre de bataille pour l’élection présidentielle, qu’en est-il de la problématique environnementale dans notre pays ? Aucun ministre se réclamant de ce courant de pensée ou chargé d’un tel département n’a pu infléchir la politique des différents gouvernements depuis 1971, année de création de la  fonction – le premier étant Robert Poujade, dans le gouvernement de Jacques Chaban-Delmas.

Les problématiques liées à la protection de l’environnement n’ont cessé de se dégrader ce dernier demi-siècle, sur toute la planète, comme dans toute la France. Les dirigeants politiques ont souvent été réfractaires à l’idée de la compatibilité entre écologie et économie. Pour preuve, aucun gouvernement de la Cinquième République n'a hissé l’écologie au rang de priorité politique.

Nos agriculteurs et nos jardiniers ne disposent pas de solutions pérennes pour cesser d’utiliser des pesticides toxiques

 

Sur le plan local, les exemples sont légion de ces lacunes dans les politiques publiques. Nous ne savons toujours pas utiliser les tonnes de sargasses qui s’échouent sur notre littoral depuis 2011. Nous peinons à équiper le territoire pour nous protéger efficacement contre les risques naturels majeurs auxquels nous sommes exposés. Nous demeurons tristement dépendants du pétrole pour produire notre électricité. Nos agriculteurs et nos jardiniers ne disposent pas de solutions pérennes pour cesser d’utiliser des pesticides toxiques.

En outre, ici comme ailleurs, les pollutions chimiques de toutes natures nous affligent. Les particules fines dégagées par les usines et par les gaz d’échappement des véhicules atteignent des sommets. Les émanations méconnues des brumes de sable contribuent à affaiblir notre capital-santé. Et inutile de rappeler les ravages causés par le chlordécone pour les décennies à venir.

Cette constance dans la dégradation de nos conditions de vie amène des spécialistes à envisager de développer la médecine environnementale. Certains évoquent la possibilité d’affecter, même partiellement, l’hôpital reconstruit de Trinité à cette discipline qui prend de l’ampleur un peu partout dans le monde.

Changer de mode de vie

 

Or, au-delà de ces considérations concernant le vivant, c’est sur l’évolution de notre mode de vie que sont attendus les écologistes, quelle que soit leur nuance. Nos interrogations doivent porter autant sur la sauvegarde des espèces nous entourant que sur le modèle de développement global.

La réflexion reste en jachère sur le sujet. Nous sommes prisonniers des schémas de l’économie des temps anciens. La civilisation industrielle est encore bien prégnante dans le monde. Les miasmes de l’économie coloniale sont encore bien visibles chez nous.

Même si l’un et l’autre de ces cadres de pensée et d’action tendent à disparaître, nous ne voyons pas encore émerger la révolution culturelle et intellectuelle devant amener l’humanité à inventer un autre type de société, articulé sur l’humain. C’est ce sur ce plan que les écologistes, du monde entier, d’Europe, de France et de Martinique sont les plus attendus, car ils suscitent les plus grands espoirs en un monde meilleur.