Bâtiments et travaux publics : une nouvelle convention pour lutter contre le travail illégal en Martinique

Les signataires de la convention pour lutter contre le travail illégal dans le BTP.
Ce vendredi 21 février, les acteurs du secteur du BTP de la Martinique ont renouvelé un partenariat pour renforcer la lutte contre le travail illégal, jusqu'en 2028. L'objectifs est d'endiguer des pratiques telles que le travail dissimulé, le marchandage, les fausses déclarations, et bien d’autres.

Une nouvelle convention a été signée entre les acteurs du BTP, ce vendredi 21 février. Une première version avait déjà été signée en 2016. Les services de l’État, les partenaires sociaux et les professionnels du secteur s'engagent à lutter contre le travail illégal jusqu'en 2028. La convention, comporte plusieurs volets dont des mesures renforcées de communication et de sensibilisation à destination de tous les maillons de la chaîne du secteur, en Martinique.

Un travail invisible

Le travail illégal demeure largement invisible. "Il est dissimulé", explique Yannick Decompois, à la tête de la direction de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DEETS). Les fausses déclarations, le marchandage, le travail dissimulé, par exemple, sont des problématiques récurrentes dans le BTP. Selon les estimations nationales, 2% des salariés, toutes branches confondues, sont concernés par le travail illégal. Mais dans le BTP, ce chiffre grimpe à 8%. "C’est une pratique plus marquée dans ce secteur", confirme Yannick Decompois.

L'un des objectifs de la convention est de faire prendre conscience des dangers et des conséquences du travail illégal, que ce soit pour l’employé, l’entreprise ou le donneur d’ordre.

Problématique des retraites

"Les travailleurs qui exercent sans protection sociale courent des risques considérables, notamment en termes de santé et de sécurité, mais aussi pour leur retraite", insiste Yannick Decompois.

De son côté, Jean-Yves Bonnaire, secrétaire général de la fédération régionale du BTP de Martinique, souligne l’importance de cette convention dans un contexte de restructuration du secteur. "Nous devons assainir un certain nombre de pratiques déviantes qui ternissent l’image du secteur et freinent son développement", explique-t-il.

Les conséquences sont graves, nous affaiblissons nos caisses de retraite et de santé et nous portons atteinte à la dignité des salariés qui se retrouvent avec des retraites ridicules.

Jean-Yves Bonnaire, secrétaire général de la fédération régionale du BTP de Martinique

Des contrôles renforcés

La convention prévoit également des actions ciblées sur le terrain. Si les contrôles existent déjà, ils seront désormais renforcés. "L’idée est d'accroître l’efficacité de l’action publique en matière de lutte contre le travail illégal", précise Yannick Decompois.
Pour coordonner ces efforts, un Comité opérationnel de lutte contre le travail illégal (Codaf) assurera la coordination entre tous les services impliqués dans cette mission.