L’état d’urgence doit demeurer l’exception, et non devenir la règle

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Promeneurs sur le front de mer à Fort-de-France (illustration). ©Martinique la 1ère
Les restrictions à la libre circulation des personnes ne seront pas intégralement reconduites après le 10 juillet 2020, même si le moment n’est pas encore arrivé d’envisager la vie comme avant la pandémie. Une doctrine validée au conseil des ministres mercredi 10 juin 2020.
 
Il est temps de mettre entre parenthèses la crise sanitaire pour se concentrer sur la crise économique qui vient. C’est le sens de la décision du gouvernement de ne pas prolonger l’état d’urgence sanitaire au-delà du 10 juillet 2020. Il aurait pu proroger une nouvelle fois les dispositions exceptionnelles contenues dans la loi du 22 mars 2020. Il a choisi de contribuer à relancer l’activité générale dans tout le pays.

Cette décision signifie que l’épidémie est sous contrôle, même si le virus circule encore. La fin de l’état d’urgence signifie aussi que les libertés publiques et individuelles sont à nouveau sacralisées. Nous nous étions plus ou moins habitués aux restrictions de circuler, de travailler et de vaquer à nos occupations habituelles.

Chacun avait admis à consentir quelques sacrifices au nom de l’intérêt général, forcément supérieur aux intérêts particuliers. Sauf que les critiques étaient de plus en plus ouvertes quant à la persistance de ce régime d’exception. En résumé, la guerre contre le virus ne légitime pas forcément la mise entre parenthèses prolongée de nos libertés.
 

Des restrictions prolongées pour quatre mois


Un argument entendu par le gouvernement. Il a fini par se ranger à l’idée qu’il pouvait faire confiance au bon sens et à l’esprit de discipline de la population. Et ce, alors que le patronat souhaite accélérer le processus de réouverture des entreprises pour relancer le pays. Un processus nécessairement lent et complexe après de longues semaines de ralentissement, voire d’arrêt de la production.

La levée de l’état d’urgence ne signifie pas le retour immédiat à la vie sociale d’avant l’épidémie. Tant que l’incertitude pèsera sur la présence de la Covid-19, l’exécutif tentera de trouver le fragile équilibre entre la protection de la santé de la population et le respect des libertés fondamentales.

Ainsi, certaines restrictions restent en vigueur jusqu’au 10 novembre 2020. Par exemple : la circulation sur les routes, l’utilisation des transports en commun, l’ouverture d’établissements recevant du public - salles de spectacle, restaurants, cinémas, centres commerciaux.

Le message est clair : il faut redémarrer progressivement en demeurant vigilant pour empêcher une nouvelle épidémie. Un défi à la portée de chacun, gouvernants et gouvernés.