Face à l'ultimatum des activistes, des martiniquais lancent un appel au dialogue et au calme

manifestation
Deux des signataires du manifeste pour la Martinique
Deux des signataires du Manifeste pour la Martinique : Myriam Moise Maître de conférence de l’université des Antilles et Audrey Célestine Maître de conférence à l’Université de Lille. ©Aurélie Treuil
La société civile martiniquaise se mobilise pour ouvrir le dialogue avec les activistes. Leur intention de démonter la porte du tricentenaire ou de rénover la fresque de KhoKho René Corail au parc Aimé Césaire à Fort-de-France le 2 août 2020, provoque un appel au rassemblement pacifique. 
Face au dernier ultimatum des activistes, démonter la porte du Tricentenaire ce dimanche 2 août 2020 ou rénover la fresque de KhoKho René Corail du parc Aimé Césaire à Fort-de-France, des intellectuels, des artistes, des enseignants, des anciens et nouveaux militants ont rédigé un "Manifeste pour la Martinique" et lancé un appel aux signatures sur le site www.change.org

Signé par 19 citoyens, ce manifeste appelle les martiniquais au dialogue.
 

Il s’agit pour nous de lancer un grand effort démocratique. Nous ne voulons plus que l’expression dans notre pays soit réduite à des actes partisans. Nous ne voulons pas que seule une faction ou une autre décide pour l’ensemble des Martiniquais de ce qui doit être fait de notre héritage commun. Ce que nous désirons c’est rassembler nos forces et décider ensemble de la direction vers laquelle nous voulons avancer. 

Manifeste pour la Martinique.


Les dix rédacteurs de ce document mettent l'accent sur l'urgence d'ouvrir le dialogue sur la justice sociale, économique et environnementale de la Martinique et en particulier : 
 

Sur la réparation face à la chlordécone. Sur la résolution du problème de la pollution de nos sols. Sur les questions qui nous concernent tou.te.s. et les outils à mettre en place pour faire avancer notre communauté et notre souveraineté.

Manifeste pour la Martinique.

Une action artistique éphémère sur la porte du parc Aimé Césaire 


Cet appel vient à point nommé pour tenter de rétablir des liens nécessaires entre les martiniquais afin que s'instaure une véritable écoute et non des ultimatums de part et d'autre. 
 

Nous proposons une intervention artistique éphémère et non invasive sur la Porte du Parc Aimé Césaire. Pour continuer la pratique du cannibalisme esthétique et urbain imaginé et pensé par Suzanne Roussi et Aimé Césaire et mis en oeuvre sur la Porte du Parc par Khôkhô René-Corail.

Manifeste pour la Martinique.

 

Manifeste pour la Martinique


Le PPM entre dialogue et fermeté 


Dans un communiqué "Pa Menyen Césaire" en date du 28 juillet 2020, le PPM (Parti Progressiste Martiniquais) annonce que s'il reste ouvert au dialogue, il "ne pourra tolérer que l'oeuvre d'Aimé Césaire soit endommagée et détruite.
 

Menacer de destruction une partie du Parc culturel Aimé Césaire, c'est s'attaquer à l'oeuvre de l'homme lui-même qui a réussi à faire de cet espace un des plus grands et hauts lieux de la culture martiniquaise. C'est donc avec fermeté que nous nous opposerons à toute agression du Parc Culturel Aimé Césaire.

Communiqué de presse du Parti Progressiste Martiniquais. 28 juillet 2020.


Le PPM rappelle également les règles du fonctionnement démocratique d'une société.
 

Nous rappelons également que le maire de Fort-de-France, à l'instar des autres maires, n'a de sommation ni d'injonction à recevoir de quiconque. Élu démocratiquement, il est le représentant du peuple foyalais.

Communiqué du PPM. Le 28 juillet 2020.

 

Communiqué "Pa Menyen Césaire"


Une situation "explosive" 


Le Martiniquais Emmanuel Argo ,fondateur du CGC de l’encadrement début des années 80, décrit une situation explosive en Outre-mer dans un article publié par le blog Médiapart. 
 

De plus en plus informés, les peuples refusent de subir les excès d’une mondialisation sauvage qui remet en question les valeurs démocratiques et engendre de nouvelles dictatures populaires.

Emmanuel Argo. Blog Mediapart du 30 juillet 2020.


Il dénonce le fait que si "l'esclavage a pris fin dans les textes, il en va autrement dans les faits et les esprits".
 

La place des populations noires et de couleur, que ce soit dans la société, dans l’entreprise ou dans l’espace public, reste celle de la soumission, sans réel dialogue, à un ordre préétabli et d’un autre temps ; la question est d’autant préoccupante qu’elle pourrait dégénérer en violences urbaines. Cette question doit être réglée rapidement, sans toutefois dans l’urgence comme à l’accoutumée, par les représentants de la société civile de toutes origines, y compris descendants de colons et des élus.

Emmanuel Argo.



Á la Martinique, Emmanuel Argo a donc créé et présidé le syndicat CFE-CGC de l’encadrement début des années 80 en revendiquant l’antillanisation de l’encadrement public et privé. Á ce titre, a été nommé expert au Comité Économique et Social Européen à Bruxelles.
En France, il est conseiller municipal élu dans le Loir- et-Cher ainsi que membre de la commission du Développement Économique d’une Communauté de Communes de la même région.
 
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