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​​​​​​​La filière canne sucre rhum s'inquiète pour son avenir

Les acteurs de la filière canne-sucre-rhum tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Ils craignent pour l'avenir du secteur. L'activité est en déclin constant depuis plusieurs années.

Coupeur de canne dans un champs. © Pixabay
© Pixabay Coupeur de canne dans un champs.
  • Par Christine Cupit
  • Publié le

Depuis trois ans, la tendance est à la baisse. En 2018, on a récolté 206 365.33 tonnes de cannes, en Martinique. La diminution reste faible, si on compare à l'année précédente, -1.1%.

Une activité en chute libre


Ce recul est la conséquence des aléas climatiques. Depuis une dizaine d'années, les intempéries en série ont considérablement fragilisé la production et le rendement de la canne à sucre. Résultat, nous ne produisons pas assez de canne, pour le rhum et le sucre. Il faudrait 70 000 tonnes de plus, pour répondre aux besoins.

© MAURICE VIOLTON
© MAURICE VIOLTON

Pas de solution alternative pour le désherbage


L'autre facteur de ce déclin, c'est l'enherbement. La suppression des désherbants chimiques, sans la mise en place de solution alternative, a également mis en difficulté la filière.

"Aujourd'hui, il n'y a pas grand-chose, mis à part les produits chimiques qui existent dans le monde entier, mais qui sont interdits en Europe. On se retrouve, pour lutter contre les mauvaises herbes, à faire de l'arrachage. Mais on n'a pas la main-d'œuvre nécessaire. 
Donc, on met en place de nouvelles techniques, avec des plantes de couverture comme pour la banane, ou avec des robots qui passent dans les allées et nettoient les interrangs de canne. On va vers la modernisation. Mais on a supprimé brutalement, les produits autorisés pour le désherbage, par principe de précaution. On se retrouve dans une période charnière, où on n'a aucune possibilité", explique Eric Eugénie, directeur de la SICA Canne Union.

Un peu plus de 300 ouvriers agricoles Sainte-Luciens et Haïtiens ont été recrutés en 2018, pour l'arrachage des mauvaises herbes. Mais cela constitue un surcoût conséquent, 4.2 millions d'euros.

L'Europe a classé la canne à sucre "culture orpheline", car aucune recherche scientifique n'est menée pour proposer de nouvelles méthodes de culture ou de nouvelles variétés.

"Nous avons bien compris qu'on est dans une transition écologique. Nous ne sommes pas accrochés, aux produits chimiques. Mais nous disons : "Aidez-nous à trouver une solution pour traiter les mauvaises herbes. Si ce n'est pas le cas, on peut craindre, dans un avenir très proche, la disparition de la canne et de tout ce qui va avec", précise Philippe André, directeur de la sucrerie du Galion.

Si la filière canne-sucre-rhum venait à disparaître, cela aurait des répercussions économiques bien sûr, mais aussi environnementales.

La canne à sucre produit plus d'oxygène et absorbe plus de gaz carbonique que la plupart des plantes sur la planète.
C'est une arme redoutable contre la pollution atmosphérique et la brume de sable, deux fléaux qui empoisonnent régulièrement, la vie des Martiniquais.

Enfin, l'État veut imposer l'abandon de la bagasse comme carburant dans les distilleries, et la remplacer par le fuel, bien plus polluant.

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