Fin de la mobilisation des marins-pêcheurs : ils peuvent aller au large

social
Les marins pêcheurs de Martinique devant la préfecture
Grève des marins pêcheurs de Martinique le lundi 11 janvier 2021 ©Sophie Lonété

Ce matin lundi 11 janvier 2021, plus de 200 marins-pêcheurs ont manifesté à Fort-de-France avant d'être reçu par le directeur du cabinet du préfet de Martinique. Ils dénonçaient entre autres, l'interdiction d'aller au large pour la plupart d'entre eux. Ils ont partiellement obtenu gain de cause.

Ils s'étaient donné rendez-vous dès 5 heures ce matin (lundi 11 janvier 2021) sur le bord de mer de Fort-de-France. Toutes générations confondues, les marins-pêcheurs de Martinique ne comprennent pas. Depuis 1er janvier 2021, ils ne comptent plus le nombre de leurs confrères verbalisés par la gendarmerie maritime.

Un décret modifié les empêche d'accéder à leur DCP

 

Le décret national qui fixe les règles en matière de navigation date initialement de 1984. Celui-ci stipulait en annexe que les embarcations de catégorie 4 (les plus répandues parmi les marins-pêcheurs martiniquais) ne peuvent aller à plus de 9 km de la côte. Seulement, avec la pollution au chlordécone, la pêche est interdite sur plus de 33% des côtes martiniquaises.

Alors beaucoup de marins-pêcheurs se sont rabattus sur les DCP (Dispositifs de Concentration de Poissons). Ces sortes de grands casiers placés au large. C'est à dire bien plus loin qu'à 5km de la côte. Jusqu'au 1er janvier 2021, date d'entrée en vigueur de la modification, les professionnels martiniquais de la pêche, bénéficiaient d'une forme de clémence.

Désormais, après modification du décret de  navigation, les yoles des pêcheurs passent de la catégorie 4 à la catégorie 3. Ce qui a pour effet immédiat l'obligation pour les professionnels de présenter un certain nombre de matériels de sécurité. Pris à défaut, ils sont donc régulièrement verbalisés.

D'où leur premier rendez-vous au  Fort Saint-Louis. Ils voulaient des explications de la part de la marine. Car ils dénoncent également la destruction de leurs DCP. Même si, sur ce point, ils avouent n'avoir jamais vu agir la gendarmerie nationale.

Finalement, c'est en préfecture qu'ils trouveront une oreille. Le directeur du cabinet du préfet Stanislas Cazelles, leur a accordé une forme de clémence de la part des autorités le temps, pour les affaires maritimes, de faire un état des lieux  précis des équipements des marins-pêcheurs de Martinique. Elle a pour cela, moins  d'un mois. 

Mais les marins-pêcheurs sont doublement en colère. Ils alertent aujourd'hui également sur leurs difficultés à obtenir l'autorisation de travail de la part de la CGSS (Caisse Générale de Sécurité Sociale).

Marins-Pêcheurs
©Sophie Lonété

La "Déclaration Sociale Nominative" dénoncée 

 

L'année 2021 est arrivée avec son lot de modifications de textes, de décrets, de lois...

Pour les marins-pêcheurs elle a été synonyme de la fusion de l'URSAFF (Union de Recouvrement des cotisations de Sécurité Sociale et d’Allocations Familiales) et de l'ENIM (leur caisse de retraite). 

Depuis ce 1er janvier, les pêcheurs doivent présenter à la CGSS (Caisse Générale de Sécurité Sociale), l'unique titre social, la DSN (Déclaration Sociale Nominative). Sauf que, pour obtenir ce titre, les pêcheurs professionnels doivent être à jour de leurs cotisations sociales (URSAFF) et de leurs cotisations pour la retraite (ENIM). S'ils sont tous à jour côté ENIM, ils ont  bien du mal à payer leurs charges sociales. Du coup, nombre d'entre eux se retrouvent sans possibilité d'exercer et donc sans emploi.

Sur ce point en revanche, pas de promesse. La délégation reçue par la préfecture a exigé l'exonération de l'URSAFF. Les pêcheurs attendent donc la publication du plan chlordécone 4 qui devrait, selon eux, officialiser la suppression des charges  sociales pour les marins-pêcheurs de Martinique. Verdict donc fin janvier 2021.

Les Outre-mer en continu
Accéder au live