Grand débat national : la France est-elle en train d’innover en matière de politique intérieure ?

billet d'humeur
Emmanuel Macron
Emmanuel Macron s'exprime lors d'une allocution télévisée, le 10 décembre 2018 à l'Elysée. ©(LUDOVIC MARIN / AFP)
Le grand débat national lancé par le président Macron, du jamais vu dans un pays démocratique. Emmanuel Macron ouvre le grand débat national qu’il avait promis le 10 décembre dernier. L’exercice est totalement inédit dans un pays démocratique.
La France est-elle en train d’innover en matière de politique intérieure ? Le Grand débat national voulu par le chef de l’Etat a pour objet de demander aux citoyens leurs réponses à 32 questions. Du jamais vu dans une démocratie représentative !

Dans ce type de régime politique, les électeurs choisissent des personnes pour les représenter au sein des institutions et des assemblées délibérantes chargées d’organiser la vie quotidienne et aussi l’avenir de leur pays. Les élus sont supposés appliquer le programme choisi par les électeurs. La démocratie représentative est en vigueur sur presque tout le globe.
 

Un débat inédit sur la forme et sur le fond


Il est évident qu’il se passe quelque chose d’inédit en France. Le chef de l’Etat, au bout d’un et demi de mandat sur les cinq ans prévus, s’en remet aux citoyens. Objectif : que chacun s’exprime sur les orientations de la politique du gouvernement. Résultat attendu : les contributions du plus grand nombre de citoyens afin d’alimenter la réflexion de l’exécutif chargé de prendre des décisions consensuelles.

On n’a jamais vu un tel processus dans le pays ni dans aucun pays équivalent à la France. Les critiques fusent. Certains prétendent que le président ne va pas modifier son programme. D’autres disent que ce débat n’est qu’un alibi, une marque de faiblesse du pouvoir, et il est faussé d’avance.
 

Un exécutif fébrile et impuissant ?


Autre remarque : le large spectre des questions allant de la fiscalité à la transition écologique en passant par l'organisation des collectivités publiques montre la fébrilité et l’impuissance du président. Il est surprenant que l’exécutif veuille ainsi mettre à plat l’essentiel de son programme.
Une autre lecture est possible. Et si le président Macron, en plus d’être victime de sa déconnexion avec la population, n’était qu’un commode bouc émissaire d’une colère lentement construite depuis 40 ans ?

Et si le gouvernement actuel, hormis ses maladresses et son arrogance, payait, en réalité, la faillite de l’élite politique dirigeant le pays depuis les années 1970 ?
Question posée…