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Les élus d’outre-mer en ordre de marche à l’Elysée

Les maires des communes des territoires périphériques sont invités le 1er février 2019 par le président de la République dans le cadre du Grand débat national qu’il a lancé. Pourtant, nos collectivités ne figurent nulle part dans sa lettre aux Français.

  • Jean-Marc Party
  • Publié le
Chacun l’aura remarqué, il n’y a strictement rien sur l’outre-mer dans sa "Lettre aux Français" du président Macron. Nos pays et leur 2,8 millions d’habitants seraient-ils quantité négligeable ? Serait-ce cet oubli ou ce loupé qui l’a motivé à se rattraper en recevant les maires de nos collectivités ? 

En vérité, le président ne considère pas que nos pays méritent un traitement particulier ou des solutions adaptées. Il pense qu’ils sont intégrés à « l’archipel France », comme il dit, un ensemble de territoires éloignés les uns des autres, réunis autour d’un idéal commun, celui d’être Français.

Une conception originale dans la pensée politique française. Les colonies puis l’outre-mer ont toujours été vus comme des territoires peuplés de Français entièrement à part qu’il importait de transformer en Français à part entière. L’actuel chef de l’Etat est le premier à penser en rupture avec cette logique ancienne.

 

Emmanuel Macron porte une vision originale de l’outre-mer 


Cependant, il n’est pas certain que cette conception emporte l’adhésion de nos élus et de nos populations. Nous vivons au quotidien les singularités de nos pays, bien réelles par rapport au reste de la France. L’éloignement, l’insularité, les marchés exigus, la dépendance aux importations, la faiblesse du tissu productif, le chômage massif et l’émigration tout aussi massive sont des réalités tangibles.

Nul doute que les maires de la périphérie sauront le rappeler au président. Certains lui demanderont s’il n’eut pas mieux valu qu’il insérât des questions propres à nos pays dans sa longue lettre. Les sujets ne manquent pas, de l’éducation à l’emploi en passant par la santé. Des domaines dans lesquels nos particularismes persistent.

En dépit de sa vision idéaliste, le président a été rattrapé par le principe de réalité selon lequel tous les citoyens français ne sont pas égaux. Nos élus sauront le lui rappeler. Ne serait-ce que pour ce seul motif, ils seraient inspirés de répondre en masse à son invitation.

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