Harcèlement moral à l’Union des Femmes de Martinique : "il faut laisser l’action juridique suivre son cours et en décider" (UFM)

femme
Tribunal
©DR
Dans un communiqué du 4 octobre 2021, l’UFM reconnaît que "les accusations de harcèlement moral de la part d’une des salariées sont extrêmement graves", si les faits "sont avérés" précise l’association féministe. "Nous pensons qu’il faut laisser l’action juridique suivre son cours et en décider".

À la fin du mois de septembre dernier, une ancienne assistante de direction à l’Union des Femmes de Martinique, a déposé plainte contre une supérieure hiérarchique de l’association pour "humiliations, harcèlement et menaces".

Dans un communiqué daté du 4 octobre 2021, l’UFM a décidé de donner son point de vue sur cette affaire, en reconnaissant de prime abord la "légitime émotion" qui a traversé l’association, ses 11 salariées, les militantes et la population martiniquaise.

Depuis 20 ans, c’est la première fois que l’association féministe laquelle travaille pour l’émancipation des femmes, pour l’égalité hommes/femmes, contre les violences et les discriminations faites aux femmes, connaît une telle turbulence.

"Entre 400 et 500 nouvelles femmes en détresse" par an

 

En deux décennies, elle a été à l’origine de la création du premier espace d’écoute et d’accompagnement pour les femmes, du premier CHRS (Centre d’Hébergement et de Réinsertion sociale). L’UFM accompagne chaque année entre 400 et 500 nouvelles femmes en détresse.

Nous sommes aussi à l’offensive dans bien d’autres champs, notamment la sensibilisation et la formation, la discrimination sexiste, la publicité, le harcèlement, la citoyenneté des femmes, la santé, la valorisation des femmes dans l’histoire…

 

Nos valeurs féministes sont déclinées dans une Charte partagée avec les salariées dont l’UFM s’est dotée et qui s’appuie sur : respect de l’autre, solidarité, équité, écoute de l’autre, justice...

(L’UFM)

 

"Nous ne saurons tolérer ces faits… s’ils sont avérés"

 

Forte de ces actions, l’association semble être dubitative quant à la véracité de l’accusation, tout en affirmant qu’elle ne souhaite être aujourd’hui, "ni dans la polémique, ni dans l’accusation, ni dans la culpabilisation de quiconque".

La direction de l'UFM reçoit cette affaire, comme une alerte et une invitation à vérifier à tout moment et avec la rigueur nécessaire que l'instrument d'émancipation qu'elle constitue ne se transforme pas en une structure pouvant couvrir, même involontairement, la moindre souffrance au travail.

 

Comme nous l’aurions fait dans toute autre structure, nous sommes à l‘écoute de toute salariée qui voudrait parler de faits qu’elle aurait subi.

(L’UFM)

 

Le dossier est entre les mains du tribunal des Prudhommes. Rendez-vous le 20 octobre 2021, pour une première phase de "conciliation" précise l’UFM, qui dit rester "ouverte à toute discussion pour faire avancer la situation".