Henri Bibas (surnommé Rico), un des piliers du carnaval s'est éteint à l'âge de 88 ans

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Henri Bibas
Henri Bibas ©Photo de famille
Henri Bibas, l’un des piliers du carnaval martiniquais avec 46 ans au service de la culture, a tiré sa révérence , samedi 10 juillet 2021. Avec lui, c’est un pan d’histoire qui s’en va. Depuis 1975, il a pris part avec son épouse Sophie, à la construction de notre carnaval.

Henri Bibas, surnommé Rico est le troisième d’une fratrie de cinq enfants : Hector (décédé), Liliane(décédée), Marcel et Fernand. Il est né le 1er janvier 1933, de parents employés de commerce. C’étaient jadis, les établissements Reynoir situés à la rue Lamartine à Fort-de-France.

L’éducation parentale était stricte, tout en ne brimant pas l’élan artistique et l’ancrage dans le terroir martiniquais. Après ses études, il devient dessinateur de bâtiment et est engagé par France Télécom.

La rencontre avec Sophie donne naissance au comité carnaval Bibas


La vie demeure une constellation de rencontres. Henri et Sophie se sont rencontrés lors d’une fête de famille. Les deux amoureux unis pour la vie, unissent leurs passions pour la culture et le patrimoine carnaval.

Henri, sportif, malgré une grande timidité est la joie de vivre. Sophie son épouse, qui a animé un groupe folklorique du Vauclin adore la fête.

Nous sommes en 1975, le service culturel de la ville de Fort-de-France fête sa première année d’existence. D’autres associations comme la fédération des œuvres des laïques (FOL) dirigées par Hector Saé assurent l’échange avec la Caraïbe.

Le carnaval est moribond. Des groupes, comme Solange Londas, carnaval foyal, Alain et Roland, ou des individualités comme Grazielle Bontemps tentent de redynamiser le patrimoine.

Les deux créateurs Henri et Sophie Bibas lancent le thème porteur de l’information avec une déclinaison "Antennes et paraboles". France Télécom venait de mettre sur pied sa première station de communication, cela a donné l'idée au couple. Le succès est indéniable. Ainsi naît le comité carnaval Bibas.

46 ans de consécration et de dévouement à Sa Majesté Vaval


Le comité Bibas a toujours été présent, malgré une évolution qui demande beaucoup sur le plan financier. Henri Bibas et son épouse ont toujours fait preuve d’ingéniosité et de talents démontrant qu’avec un rien on peut élaborer des costumes géniaux.

Tous garde de lui une image forte, c’est le cas de son frère Fernand Bibas (journaliste honoraire).

Une complicité avec son oncle Léon Gontran Damas


Le poète au regard perçant, Léon Gontran Damas est l’oncle de Henry Bibas. C’est l’un des concepteurs, aux côtés d’Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor, de la négritude.

En 1927, Léon Gontran qui séjournait en Martinique quitte Fort-de-France pour le lycée de Meaux (Seine-et-Marne en région Île-de-France). Le poète avait plaisir à se retrouver avec Henri son neveu pour échanger lorsqu'il se rendait aux Antilles pour des vacances.

C'est avec une profonde émotion et tristesse que j’ai appris ce samedi 10 juillet 2021, le décès de Henri Bibas, fondateur du célèbre Comité Bibas.

 

Son humilité, son professionnalisme, ses exigences, sa créativité ont marqué de génération en génération le carnaval martiniquais. Il a incontestablement magnifié la culture martiniquaise par la qualité des parades qu’il mettait brillamment en scène. Sa passion animait les rues, ses thèmes nous transportaient, son talent était un exemple. Merci pour ces couleurs, ces sourires, cette énergie.

 

Merci Henri. J’ai une pensée pour sa femme, Sophie, avec qui il formait un duo indissociable. Je souhaite lui adresser, ainsi qu’à l’ensemble de sa famille, ses amis et aux acteurs culturels avec qui ils ont collaboré tout au long de ces années, mes sincères condoléances.

Serge Letchimy, président du Conseil Exécutif de Martinique