L'étudiante martiniquaise Malory Beaujolais traque la chlordécone sur les terres martiniquaises

éducation
Malory Beaujolais
Malory Beaujolais, doctorante en électrochimie au laboratoire des matériaux et des molécules en milieu agressif (L3MA) à l'Université des Antilles située à Schoelcher. ©Université des Antilles

Malory Beaujolais, 25 ans, fait partie de la jeunesse martiniquaise qui travaille pour l'avenir des Antilles mais aussi pour le monde scientifique à la recherche d'une solution pour décontaminer les milieux pollués par la chlordécone. Portrait d'une jeune doctorante de talent.

"J'espère que vous avez la banane ? moi en tout cas je l'ai et j'en suis fière !". Malory Beaujolais est doctorante en électrochimie au laboratoire des matériaux et des molécules en milieu agressif (L3MA) à l'Université des Antilles à Schoelcher. Elle s'est fait connaître du grand public en présentant en 180 secondes son travail sur la dépollution des terres de la chlordécone intitulé "Conception d'un dispositif bio-électrochimique pour la dépollution des environnements contaminés en Martinique".

3 minutes (chronomètre en main) pour présenter des années de recherche sur la dépollution des terres antillaises de la chlordécone à l'Université des Antilles. Et pour ce travail, Malory Beaujolais a reçu le prix du public. 

Une thèse qui sera finalisée en 2022. 

Un parcours semé de réussites et de sacrifices 

 

Derrière cette performance, une jeune étudiante de 25 ans, Malory Beaujolais, née à Saint-Joseph et très entourée par des parents Véronique et Eugène, fiers de sa réussite. 

Son palmarès lycéen et universitaire est impressionnant : un baccalauréat scientifique puis un Brevet des techniciens supérieurs (BTS) Métiers de l'eau, une licence professionnelle sur la protection et la gestion des eaux urbaines, un master en écotoxicologie, écologie et environnement.

De son amour de la nature, elle a tiré toute son envie de travailler pour l'environnement durable.

Le chemin de cette jeune scientifique est brillant. Actuellement en deuxième année de doctorat, elle mène ses recherches de concert avec une équipe du L3MA sur la boue et l'eau récoltées dans la mangrove. 

On utilise des super bactéries du futur pour dégrader les pesticides du passé. En leur imposant un courant électrique, on obtient chimiquement une réduction des polluants. Le but est de casser la molécule de la chlordécone.

Malory Beaujolais.

 

Un concours international

 

Ce concours international, sponsorisé par la CPU (Conférence des présidents d'université) et le CNRS (Centre national de la recherche scientifique), vise à encourager les doctorants et jeunes docteurs à aller à la rencontre du grand public en expérimentant un format de médiation scientifique original et à promouvoir le diplôme du doctorat qui reste encore trop souvent méconnu.

J'ai pris beaucoup de plaisir à étudier mais derrière la réussite il y a beaucoup de travail, de compromis et d'investissement personnel. Lorsqu'on est étudiant, on a le choix entre faire le strict minimum pour réussir ou travailler pour rechercher l'excellence mais cela demande plus de temps et de ressources. Ce concours m'a apporté une occasion de parler de mon sujet de recherche, de donner plus de visibilité au pôle scientifique pour lequel je travaille, d'être la voix d'autres jeunes qui travaillent dans les sciences et montrer que la jeunesse est en action, que nous sommes aussi force de propositions.

Malory Beaujolais.

 

Des résultats très attendus 

 

Peu de gens savent qu'il y a énormément de recherches pour trouver une solution pour dépolluer l'environnement de la chlordécone en Martinique et en Guadeloupe. Le but de ce travail est de montrer aussi que rien n'est gagné d'avance. Que le grand public applaudisse c'est bien mais il est important que la communauté scientifique approuve avant tout les travaux de recherche que nous menons en continuant de les approfondir  et de tester de nouvelles solutions.

Malory Beaujolais.