La Caraïbe est gravement menacée par la hausse continue de la chaleur sur le globe terrestre

Nous nous plaignons à juste titre de la chaleur, en oubliant que l’humidité de l’air et les hautes températures sont typiques de la saison cyclonique, qui vient de commencer. Toutefois, ce n’est rien par rapport à ce qui attend nos descendants. À la fin du siècle, le cinquième des Terriens risque de connaître des chaleurs mortelles.

Deux milliards. C’est le nombre d’habitants de la planète qui risquent d’être victimes des températures extrêmes voire mortelles d’ici la fin du siècle. Cette nouvelle alerte émane de la revue mensuelle scientifique internationale en ligne Nature Sustainability. Une étude répercutée en France par le quotidien Le Monde.

Les auteurs estiment que si l’Accord de Paris est appliqué, pas moins de 400 millions de personnes pourraient souffrir de la chaleur insupportable entre 2080 et 2100. Ce protocole validé par la quasi-totalité des États en 2015 vise à limiter à 2 degrés - idéalement à 1 degré et demi - la hausse de la température mondiale moyenne, par rapport à l’ère pré-industrielle des années 1800.

Si les objectifs de l’Accord de Paris ne sont pas tenus, en l’an 2100, nous compteront 2,1 milliards de victimes des chaleurs intenables sur les 9,5 milliards de Terriens cette année-là. Or, nous sommes sur une trajectoire de + 2,7 degrés pour ces huit prochaines décennies. Comme de bien entendu, les zones qui subiront le plus fort impact de cette envolée des températures se situent essentiellement dans la zone intertropicale, le long de l’équateur. La Caraïbe est donc directement concernée.

Des conditions de vie de plus en plus précaires

Ces estimations sont issues de l’utilisation de la notion de "niche climatique humaine". En clair, il s’agit d’une sorte de zone de confort climatique au sein de laquelle sont réunies les conditions de température idéale ayant permis à l’espèce humaine de vivre depuis son apparition. Les températures dans ces zones oscillent de 13 degrés en moyenne pour les régions tempérées à 27 degrés en moyenne sous les tropiques.

À cause des dérèglements du climat ces dernières décennies, plus de 600 millions de personnes, soit 9% des Terriens, ont déjà été chassés de ces niches de confort climatique. Pour l’essentiel, elles se localisent dans les régions les plus pauvres qui sont souvent les plus densément peuplées.

Les ressources naturelles et économiques y sont les plus rares et beaucoup plus importantes que les ressources financières. Pour les auteurs de l’étude : "Les coûts du changement climatique sont souvent estimés en termes monétaires, mais cela soulève des questions éthiques".

Le réchauffement climatique s’accélère dangereusement

Parmi les conséquences sociales et humaines du changement climatique, nous pouvons citer l’augmentation de la mortalité, la diminution de la productivité du travail et du rendement des cultures agricoles. Ces pertes entraînent une diminution de l’adaptation à l’environnement, le renforcement de l’échec scolaire, l’acuité des guerres et conflits, les migrations forcées ou encore la diffusion de maladies infectieuses, précise Le Monde.

La conclusion des auteurs de l’étude est limpide. Ils estiment que ces résultats prévisibles soulignent la nécessité de mettre en œuvre des actions politiques beaucoup plus décisives qu’aujourd’hui afin de limiter les coûts humains de la dégradation du climat. En d’autres termes, il devient urgent de lutter résolument contre les inégalités de l’espèce humaine face au changement climatique.