La confusion politique entretient l'abstention des électeurs

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Vote en Martinique le 15 mars 2020. ©Martinique la 1re

L’abstention aux prochaines élections territoriales sera-t-elle aussi forte que celle observée en 2015 ? Pour le déterminer, il faut avoir en tête les profils de celles et ceux qui boudent les urnes en général.

Et si l’abstention était le grand vainqueur des prochaines élections territoriales ? L’histoire récente nous apprend que les élections régionales suscitent un engouement moyen. L’élection des conseillers à l’Assemblée de Martinique s’apparentant à celle des conseillers régionaux que nous connaissons depuis 1983, les paris sont ouverts sur le taux de participation en 2021.

La participation électorale s’est effritée au fil du temps. Elle s’était élevée à 61% pour les premières régionales, en mars 1983. Ce taux n’a jamais été dépassé. Il a oscillé depuis, avec une nette tendance à la baisse. En 2015, pour les premières territoriales, 41% des électeurs avaient voté, soit moins de la moitié des électeurs inscrits.

La participation baisse de 20 points en 30 ans

 

Ce fait majeur se rencontre pour tous les types d’élections. À chaque fois, nous retrouvons les mêmes profils chez les abstentionnistes. Primo, le politique. Il refuse de voter, accomplissant un geste volontaire. Il se dit insatisfait du choix qui lui est offert en choisissant de ne pas choisir entre tous les choix possibles. La sociologie électorale nous apprend que ce comportement est encore plus fréquent lorsque le citoyen est en présence de candidatures multiples.

Deuxième profil, le votant par procuration ou par délégation. Il s’en remet à la sagacité de sa sphère d’appartenance, qui peut être son conjoint, sa famille, ses amis ou son voisinage. Il sait son vote utile, mais il ne se donne pas les moyens de l’effectuer lui-même.

Quatre profils d’abstentionnistes

 

Le troisième type d’abstentionniste est celui dont le comportement est conditionné par son âge. Les moins de 30 ans votent peu, étant plus souvent accaparés par leur insertion socio-professionnelle ou leur formation que par les joutes électorales. À l’autre extrémité de la pyramide générationnelle, les plus de 80 ans. Ils ne se mobilisent plus, du fait de leurs conditions de vie parfois précaires.

Le quatrième profil est celui du protestataire. Un cas que nous pourrions rencontrer volontiers pour ces prochaines élections, dont la pré-campagne est marquée par une certaine confusion. La crise sanitaire ne facilite pas la clarté du débat politique, c’est vrai.

Mais il faut reconnaître aussi que nos responsables politiques entretiennent le flou dans leurs intentions. Qui sera candidat, avec quel programme, selon quelles alliances et pour quelle dynamique ? Ces questions ne sont toujours pas résolues. Les équipes et les projets ne sont toujours pas déjà validés alors que nous sommes supposés voter en juin 2021. Du jamais vu !

Cette confusion peut engendrer une forte défiance de la part des citoyens. Que les états-majors n’en soient pas surpris le jour du vote s’ils continuent à s’observer sans s’engager ou s’ils se lancent trop tard à la conquête de l’électorat.