La résistance des nègres marrons, une constante du système colonial

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Quelques jours avant la célébration de la libération des esclaves, il convient de se souvenir ou d’apprendre que l’insurrection finale des 22 et 23 mai est l’aboutissement d’une longue tradition de luttes contre la barbarie et le racisme dans toute l’Amérique des plantations.

Révolte, insurrection, marronnage, gaoulé, suicide, attentat, empoisonnement : les formes de résistance à l’esclavage utilisées par les captifs d’Afrique déportés aux Amériques sont variées et constantes. Sur les lieux de la traite, à Sao Tomé, à Gorée à Ouidah ou ailleurs.

Et aussi sur le navire négrier durant la traversée de l’océan Atlantique. Et encore, sur la plantation ou à l’usine ou dans la maison du maître. Les captifs africains mis en esclavage ont toujours refusé leur sort.

Dans toutes les colonies, qu’elles soient anglaises, espagnoles, portugaises, hollandaises, suédoises ou françaises, les esclaves se rebellent en permanence. Sur le plateau des Guyanes, ils s’échappent volontiers dans la forêt.

C’est le phénomène du marronnage, l’évasion individuelle ou à grande échelle. « Il y eut des marrons dès qu’il y eut des esclaves », nous rappelle Victor Schoelcher. Une stratégie répandue dans toute « l’Amérique des plantations », selon l’expression de l’anthropologue Sidney Mintz.

Une résistance de tous les instants

 

L’oppression systémique et la répression systématique auxquels sont confrontés les esclaves génèrent la résistance permanente des victimes du système. Régulièrement maltraités et torturés, les captifs auraient de bonnes raisons de massacrer, à juste titre, leurs bourreaux et leurs propriétaires.

Pourtant, les assassinats de planteurs, de militaires, de fonctionnaires européens sont peu fréquents. Ils ont la force de la loi pour eux. Ils possèdent les armes, les prisons et la permission des autorités politiques et religieuses. Et les colons bénéficient de l’ignorance de leurs exactions par l’opinion publique européenne, au moins jusque dans les années 1830.

Le marronnage s’étend dans toutes les colonies

 

Les marrons parviennent à fonder, parfois, une société parallèle à la société coloniale. Ils créent de véritables villes au Brésil, en Jamaïque, à Cuba, à Ayiti. Ce sont aussi des campements dans les petites îles de l’archipel caraïbe.

Mentionnons aussi les évasions en radeaux des esclaves de Martinique et de Guadeloupe vers les colonies britanniques lorsque le travail servile y est supprimé en 1833 sont si fréquentes que les gouverneurs déploient les grands moyens pour les éviter.

Tout le long du XIXème siècle, l’esclavage est totalement interdit dans tout le monde américano-caraïbe. Une victoire largement due aux combats menés par les victimes du système qui n’ont jamais cessé de se battre pour conquérir leur liberté et qui n’ont jamais attendu leur salut de l’Europe, ni de son dieu. Ils ont résisté et gagné grâce à leur courage et à leur soif d’humanité. Une vérité, simple, à rappeler.