La Saône-et-Loire est une terre d'hommes et de femmes qui ont combattu l’esclavage

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Festival à Montceau les Mines
Inauguration du 12e festival à Montceau les Mines. ©C.M

Les associations de la région Bourgogne Franche-Comté, "les Amis des Antilles" et "Mémoire de l'histoire de l’abolition de l’esclavage en Saône-et-Loire", mettent l'accent depuis le 7 mai 2021, sur des commémorations mémorielles, dans le cadre du 12e festival Outre-mer de la région.

Dans le contexte sanitaire du moment, le festival d'Outre-mer en Bourgogne, présidé par la Martiniquaise Christiane Mathos offre un programme varié : danse traditionnelle, conférences, prestations musicales, repas créole, théâtre, échange entre les établissements scolaires, défilés, village créole, commémorations et messes. La 12e éditon du festival Outre-mer a privilégié l'histoire et les cérémonies mémorielles.

Christiane Mathos savoure sa réussite

 

Ce travail de mémoire et de prise de conscience est l'oeuvre de Christiane Mathos, restauratrice martiniquaise, originaire de la commune de Saint-Joseph, habitant Montceau-les-mines depuis plusieurs décennies.

Présidente de l’association "les amis des Antilles", elle a pris son bâton de pèlerin pour convaincre plusieurs villes autour de notre histoire mémorielle. Au cours de sa recherche, elle s’est aperçu que la Saône-et-Loire est une terre d'hommes et de femmes qui ont combattu l'esclavage.

L’esclavage, oblige un devoir de mémoire pour ne jamais oublier les victimes. Ce passé doit éclairer notre présent et nous permettre de préparer l’avenir. Dès le départ j’ai eu le soutien de la ville de Montceau-les-Mines et aujourd’hui, à travers notre association, Mémoire de l’histoire de l’abolition de l’esclavage en Saône-et-Loire, celui de plusieurs communes.

Christiane Mathos

 

Recueillement
Recueillement devant le tombeau de Lamartine. ©C.M

En 2021, 12 communes du département, Ameugny, Autun, Charolles, Cormatin, Digoin, Génelard, Mâcon, Milly-Lamartine, Montceau-les-Mines, Paray-le-Monial, Saint-Point, Toulon-sur-Arroux, prennent part à ce devoir mémoriel.

La Bourgogne, terre d’abolitionnistes

 

Christiane Mathos considère la Saône-et-Loire comme le berceau de l’abolition de l’esclavage, car cette terre a généré des hommes et des femmes qui ont combattu l’esclavage. Les exemples sont nombreux.

Pierre Moreau (1620-1660), ce protestant fils de cordonnier, dénonça avec vigueur l’esclavagisme. Cet abolitionniste d’avant-garde est originaire de Paray-Le-Monial.

Jean-Philippe Saclier (1743-1809) : avocat à la cour de Bourgogne, conseiller du Roy, maire de Toulon-sur-Arroux. En 1789 il rédige l'article 10 du cahier de Doléances, pour éradiquer l’esclavage dans toutes les colonies.

Que l'esclavage soit aboli dans les colonies, que la nation renonce pour toujours à la traite des nègres, et que le Roi, suivant le mouvement de son cœur, daigne inviter toutes les nations à abjurer ce monstrueux commerce, par un pacte général que l'Humanité réclame.

 

Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine (1791-1869), président de la Société Française pour l’Abolition de l’esclavage, mène en France un combat politique à la chambre.

Nommé président du gouvernement provisoire de la IIe République française après la révolution de février 1848, il nomme à son tour, François Arago ministre des colonies, qui fait appel à Victor Schoelcher pour rédiger le décret de l’abolition du 27 avril 1848.

Autre abolitionniste Général Etienne Maynaud de Bisefranc de Lavaux (1751-1828), gouverneur de Saint-Domingue, proche de Toussaint Louverture, il défendit l'action de celui-ci auprès du Directoire avant d'être mis à la retraite lors de la prise du pouvoir par Bonaparte.

Sœur Anne-Marie Javouhey,(1779-1851) fondatrice de la congrégation missionnaire des sœurs de Saint-Joseph de Cluny. Elle mena un rude combat notamment en Guyane.

Messe en créole du vendredi 14 mai
sortie de l'église de Digouin, ville de naissance du général Lavaux après une messe en créole. ©C.M